Un musée allemand refuse de restituer des scalps amérindiens 30 Avril 2014

Le drapeau de la tribu des Indiens chippewa de Sault Sainte Marie. La tribu a exigé le retour des restes de leurs ancêtres détenus par un musée allemand.
Le drapeau de la tribu des Indiens chippewa de Sault Sainte Marie. La tribu a exigé le retour des restes de leurs ancêtres détenus par un musée allemand.

© http://www.saulttribe.com/

Un musée allemand qui avait été créé pour promouvoir une meilleure compréhension de la culture amérindienne est impliqué dans une controverse après avoir refusé de restituer des scalps indiens nord-américains à leurs descendants contemporains.

Les Indiens chippewa de Sault Sainte Marie dans le Michigan (Etats-Unis) ont demandé au Karl-May Museum de Radebeul de leur restituer les restes de leurs ancêtres exposés dans ce musée.

La tribu Sault – également connue sous le nom de Ojibwe (ceux qui gardent une trace de leurs visions) – qui appartient à la nation anishinaabe (peuple des origines) a invoqué le caractère sacré de ces objets : ‘Il est inacceptable que ces restes soient conservés dans un dépôt au lieu d’être décemment portés en terre’.

Si le musée a accepté de retirer ces objets de la salle où ils étaient exposés, il a ostensiblement refusé de les restituer à la tribu, arguant du fait que leur origine n’est pas avérée. Les scalps ont été mis en dépôt dans le musée.

Ce musée, situé à Radebeul, près de Dresde est un établissement de la fondation Karl May, un écrivain très populaire en Allemagne pour ses romans d’aventure et son engagement en faveur des Indiens d’Amérique du Nord. Le musée possède plusieurs scalps et objets sacrés des Indiens anishinaabe (Chippewa) et d’autres nations amérindiennes.

Le Karl-May Museum, a pour vocation de fournir un 'véritable aperçu de la vie et de l'artisanat des Indiens d'Amérique du Nord'. Il est impliqué dans une controverse concernant son refus de restituer des scalps à une tribu amérindienne.
Le Karl-May Museum, a pour vocation de fournir un 'véritable aperçu de la vie et de l'artisanat des Indiens d'Amérique du Nord'. Il est impliqué dans une controverse concernant son refus de restituer des scalps à une tribu amérindienne.

© Karl-May-Museum Radebeul bei Dresden

Cecil Pavlat de la tribu de Sault a déclaré : ‘La plupart des musées qui possèdent des restes et des objets funéraires amérindiens estiment que, scientifiquement parlant, il n’y a pas de relation entre les nations indiennes contemporaines et celles du passé. Nous croyons pour notre part que nous, les nations contemporaines, que nous soyons ou non directement liés à ces objets, détenons la responsabilité de leur gestion et acceptons l’obligation ultime de prendre soin de nos ancêtres. Nous sommes prêts à ouvrir le dialogue avec le musée Karl May pour lui présenter notre point de vue. Nous n’abandonnerons pas notre demande de rapatriement car c’est pour nous la seule solution acceptable’.

Survival International a écrit au musée en mars dernier pour lui demander d’entamer un dialogue avec la tribu de Sault en vue de restituer les dépouilles à leurs propriétaires légitimes.

Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : ‘Il est inacceptable que le musée se cache derrière le fait que l’origine précise de certains de ces scalps est obscure, il doit s’efforcer de la découvrir. De toute façon, les Amérindiens sont convaincus que ces scalps doivent être rapatriés aux États-Unis pour être inhumés dans le respect plutôt que de rester dans un placard du dépôt d’un musée’.

Notes aux rédactions :

- Télécharger la lettre de Survival International au Karl-May Museum (en allemand, pdf, 473 Ko)

- Télécharger la réponse du musée à la tribu de Sault Sainte Marie (en anglais, pdf, 511Ko)

 

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