A l’occasion de la journée mondiale des peuples indigènes des Nations-Unies, Survival révèle cinq facettes du génocide 7 Août 2014

Une femme aché, peu de temps après avoir été capturée et éloignée de sa forêt en 1972, Paraguay.
Une femme aché, peu de temps après avoir été capturée et éloignée de sa forêt en 1972, Paraguay.

© A. Kohmann/Survival

Pour marquer la journée mondiale des peuples indigènes des Nations-Unies, le 9 août 2014, Survival International expose les cas de cinq peuples indigènes qui ont été victimes de génocide au cours du XXe siècle — et attire l’attention sur le fait que d’autres génocides sont encore possibles de nos jours.

Parmi les peuples indigènes qui ont fait l’objet de violence génocidaire figurent* :

- Les Aché, Paraguay : dans un procès historique intenté en avril 2014, les Indiens aché ont poursuivi le gouvernement paraguayen pour le génocide qu’ils ont subi. Les Aché ont été décimés par les colons qui organisèrent des raids mortels contre eux, capturèrent les femmes et les enfants pour les vendre comme esclaves dans les années 1950 et 1960.

- Les Akuntsu, Brésil : en 1985, des enquêteurs du gouvernement ont découvert une maison communautaire qui avait été détruite au bulldozer et la preuve qu’un massacre avait été perpétré à l’encontre de cette communauté akuntsu. La plupart des membres furent assassinés. Seuls cinq d’entre eux ont survécu. Ils sont les derniers témoins de ce génocide silencieux.

Ces cinq Akuntsu sont les derniers survivants d'un génocide silencieux, Brésil.
Ces cinq Akuntsu sont les derniers survivants d'un génocide silencieux, Brésil.

© Fiona Watson/Survival

- Les Jumma, Bangladesh : l’armée bangladaise et une vague de colons ont mené une campagne génocidaire de meurtres, viols, tortures et incendies des villages jumma. En 1997, un accord de paix a mis fin aux pires des atrocités, mais les meurtres, les incendies de villages jumma, la spoliation des terres et les arrestations restent monnaie courante.

Les Jumma ont été victimes d'une campagne génocidaire aux mains des colons et des militaires au Bangladesh.
Les Jumma ont été victimes d'une campagne génocidaire aux mains des colons et des militaires au Bangladesh.
© Mark McEvoy/Survival

- Les Yanomami, frontière du Brésil et du Venezuela : en 1993, des orpailleurs clandestins ont lancé un assaut sur le village yanomami de Haximú, tuant 16 Indiens, dont des personnes âgées, des femmes et des enfants. Dans une décision judiciaire sans précédent, quatre des auteurs de ce crime furent reconnus coupables de génocide.

Les survivants du massacre de Haximú, au cours duquel des orpailleurs ont assassiné 16 Indiens yanomami, portent des urnes contenant les cendres de leurs proches.
Les survivants du massacre de Haximú, au cours duquel des orpailleurs ont assassiné 16 Indiens yanomami, portent des urnes contenant les cendres de leurs proches.
© C Zacquini/ Survival

- Les Awá, Brésil : des experts brésiliens ont qualifié de génocide la violente invasion de la forêt des Awá par des bûcherons armés. Un représentant du gouvernement brésilien avait déclaré en 2011 : ‘Si les autorités ne prennent pas de mesures d’urgence, ce peuple disparaîtra.’ En janvier 2014, suite à la campagne de grande envergure menée par Survival, les envahisseurs ont été expulsés du territoire awá.

Karapiru, un Awá, a été le témoin du massacre de sa famille, Brésil.
Karapiru, un Awá, a été le témoin du massacre de sa famille, Brésil.

© Survival

Voir la galerie de Survival sur les cinq facettes du génocide des Indiens

L’histoire se répètera-t-elle?

En juin dernier, un groupe d’Indiens isolés d’Amazonie péruvienne a traversé la frontière pour se réfugier au Brésil. Ils ont expliqué à des interprètes qu’ils avaient subi une violente attaque dans leur village au cours de laquelle la plupart des aînés de leur communauté avaient été tués et toutes leurs maisons incendiées.

Des Indiens isolés qui ont émergé près de la frontière péruano-brésilienne. Des experts ont mis en garde contre un 'nouveau génocide'.
Des Indiens isolés qui ont émergé près de la frontière péruano-brésilienne. Des experts ont mis en garde contre un 'nouveau génocide'.

© FUNAI

‘Tant de gens avaient été tués qu’ils n’ont pas pu les enterrer tous et leurs cadavres ont été dévorés par les vautours.’ Des experts brésiliens ont mis en garde contre un ‘nouveau génocide’ si leur territoire n’était pas protégé des bûcherons illégaux et des trafiquants de drogue soupçonnés d’avoir commis ces atrocités.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Les sociétés industrialisées soumettent les peuples indigènes à la violence génocidaire, à l’esclavage et au racisme dans le but de les spolier de leurs terres, de leurs ressources et de leur force de travail au nom du ‘progrès’ et de la ‘civilisation’. Depuis l’époque des ‘grandes découvertes’, les peuples indigènes ont été les victimes innocentes d’une colonisation agressive de leur territoire. En les présentant comme des êtres attardés et primitifs, leurs envahisseurs ont justifié leur extermination cruelle et systématique qui se perpétue jusqu’à nos jours. Il est temps que le génocide prenne fin’.

Notes aux rédactions :

- *Cette liste ne se veut pas exhaustive de l’ensemble des cas de génocide qui ont été perpétrés à l’encontre des peuples indigènes durant le XXe siècle
- Voir ici la définition du génocide des Nations-Unies.
- Téléchargez des images de la galerie ici.

 

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