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| Enfant bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
©2004 Stephen Corry/Survival |
La démocratie en péril
Trois Bushmen, dont un enfant, viennent d'être blessés par les tirs de
la police botswanaise, au cours d'offensives destinées à
terroriser les communautés qui survivent dans la Réserve du Kalahari
afin de les forcer à quitter définitivement les lieux.
Kekailwe, 7 ans, a été atteint à l'estomac durant l'arrestation de son
père qui refusait de laisser la police pénétrer dans sa hutte sans
mandat de perquisition. Au cours d'un autre incident, Kesodilo
Ntwayamoga, qui se tenait de dos les mains à l'air, a reçu une balle
dans chaque jambe. Des témoins ont confirmé que la police tentait de
lui faire avouer qu'il chassait.
Dans un troisième incident, le 24 septembre, Mokgakalaga Gaoberekwe a
été blessé à la mâchoire alors qu'il tentait, avec d'autres Bushmen, de
rentrer dans la Réserve pour apporter de l'eau et de la nourriture à
leurs familles. Grièvement blessé, il est toujours à l'hôpital.
Le groupe de Bushmen, dont plusieurs enfants et bébés, a été pris pour
cible par des policiers et des soldats lourdement armés, sous le
commandement de Sydney Pilane, l'avocat du gouvernement dans le procès
qu'intentent les Bushmen pour leurs droits territoriaux. La police a
utilisé des gaz lacrymogènes et ouvert le feu sur les Bushmen désarmés.
Plusieurs d'entre eux ont été brutalisés et emprisonnés durant
plusieurs jours. Parmi eux se trouvait Roy Sesana, le lauréat du prix
Nobel alternatif 2005, qui ne savait pas encore que son organisation et
lui-même venaient de recevoir cette distinction. Les Bushmen ont été
inculpés de regroupement illégal'.
La police tente d'empêcher les Bushmen de retourner dans leur Réserve.
Ceux qui s'y trouvent encore ne sont pas autorisés à chasser et à
cueillir, sont privés d'eau, leurs réserves ayant été détruites, et
sont maintenant menacés de famine après que le gouvernement ait
prétendu que leurs chèvres étaient atteintes de maladies contagieuses
(ce que des experts internationaux ont démenti). Des fonctionnaires ont
confisqué leur troupeau au début de la semaine.
Hier, un petit groupe de Bushmen, ayant réussi à échapper à la
surveillance des policiers qui encerclaient leurs maisons, est apparu
après trois jours de marche à travers le désert. L'un d'eux, Kangotla
Kanyo, a déclaré : Nous sommes sortis de la Réserve pour dire au
monde que nous souffrons de faim et de soif. La police occupe notre
campement et nous ne sommes pas autorisés à chasser ou à cueillir pour
nous nourrir. Un policier appelé Dibuile nous a dit : "Le gouvernement
se moque que vous mouriez. Il est temps de vous montrer que vous ne
valez rien". Il a dit que si nous souffrions de la faim et de la soif
nous quitterions la Réserve.'
En 2002, les fonctionnaires avaient fait savoir aux Bushmen qu'ils
devaient quitter leur territoire parce que des gisements de diamants y
avaient été découverts. Toutes les mines de diamants du Botswana sont
exploitées par De Beers, qui détient des concessions sur un important
gisement dans la Réserve.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : Le
président Mogae a jeté un voile sur le grand désert du Kalahari pour
que ses sbires puissent s'attaquer aux Bushmen en toute discrétion.
Mais ce voile n'a pas pu étouffer les tirs qui ont fait couler le sang
d'un enfant et de deux hommes désarmés coupables de vouloir vivre en
paix sur leur terre ancestrale. Ces violences – ordonnées par un homme
de loi – ont tué toute prétention de démocratie au Botswana. Tous ceux
qui se préoccupent du sort des Bushmen devraient marquer leur désaccord
avec ce régime en boycottant le tourisme au Botswana et les diamants De
Beers produits avec le sang des Bushmen'.
Pour plus d'informations :
Magali Rubino
01 42 41 44 10
magali@survivalfrance.org