Survival répond au programme ‘Crossing Continents’ de Radio 4

14 Novembre 2005

Un aîné bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
Un aîné bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
©Stephen Corry/Survival


La campagne de Survival en faveur des Bushmen gana et gwi a-t-elle
‘aggravé la situation' ? Qu'en pensent les Bushmen ? La réponse de
Survival au programme ‘Crossing Continents' de Radio 4.

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La campagne de Survival en faveur des Bushmen gana et gwi a-t-elle aggravé la situation ?

‘Survival, continuez la campagne. N'écoutez pas ceux qui disent que
c'est votre initiative, c'est faux, c'est celle des Bushmen !
' First People of the Kalahari

L'accusation selon laquelle la campagne de Survival en faveur des
Bushmen aurait aggravé leur situation a été portée pour la première
fois par Ditshwanelo, le Centre botswanais pour les droits de l'homme,
peu de temps après leur expulsion de la réserve. L'ONG botswanaise Kuru
a également porté de semblables accusations.

Cette accusation est double : d'une part, la pression internationale
aurait poussé le gouvernement à ‘durcir son attitude' envers les
Bushmen et de l'autre, l'intervention étrangère aurait fait échouer les
négociations entre le gouvernement et les Bushmen alors qu'elles
étaient sur le point d'aboutir.


Historique de la campagne de Survival en faveur des Bushmen

‘Nous sommes satisfaits de la campagne de Survival et nous
souhaitons qu'elle continue, afin que nous puissions rentrer… S'il vous
plait, nous avons besoin du soutien de Survival et d'autres
organisations pour nous aider à résoudre nos problèmes. Peut-être
qu'avec ce soutien nous pourrons retourner sur nos terres
.'  Speed Gaothobogwe

L'implication de Survival en faveur des Bushmen de la partie centrale
du Botswana remonte à 1976, date à laquelle l'organisation recueillit
des fonds pour financer un centre d'artisanat destiné à procurer une
source de revenus aux Bushmen et la construction d'un internat pour
enfants de l'école primaire.

Cette année-là des fonctionnaires du gouvernement écrivirent à
Survival : ‘Nous souhaitons vous exprimer, au nom du gouvernement
du Botswana, notre immense gratitude pour l'aide que vous nous avez
apportée en contactant des donateurs potentiels en notre nom… Merci
encore pour votre effort et nous espérons pouvoir continuer à
entretenir de bonnes relations avec Survival International dans le
futur.' Et ce même mois : ‘Une part importante du financement que
nous avons reçu provenait de Survival International, nous vous en
remercions infiniment.'

Au début des années 1980, Survival a été la première organisation à
attirer l'attention de l'opinion internationale sur le fait que la
politique du gouvernement vis-à-vis des Bushmen devenait de plus en
plus intolérante, dans un article intitulé : ‘Les changements de
politique du Botswana sont une menace croissante pour les
Bushmen'.  En 1988, Survival protesta auprès du président suite à
des rapports faisant état de délocalisations forcées.

Au cours des années 1980, Survival publia de nombreux articles relatifs
aux menaces auxquelles étaient confrontés les Bushmen, rencontra le
Haut-commissaire du Botswana à Londres, Margaret Nasha, l'exhortant à
agir en faveur des droits des Bushmen, rencontra une des compagnies
minières effectuant des prospections diamantifères dans la Réserve du
Kalahari central (CKGR), et émit un bulletin d'action urgente
intitulé : ‘Les peuples du Kalahari sont menacés d'expulsion'. Le
gouvernement du Botswana écrivit alors à Survival en s'engageant à ‘ne
pas déplacer les Bushmen de force'.

Survival continua, tout au long des années 1990, à alerter l'opinion
publique sur les déclarations du gouvernement annonçant son intention
d'expulser les Bushmen de la Réserve. Plusieurs lettres furent envoyées
au ministère du Gouvernement local (le département responsable du
bien-être des Bushmen), des rencontres eurent lieu avec le secrétaire
permanent du ministère et le ministre lui-même et de nombreux articles
et communiqués de presse furent publiés.

En 1997, le gouvernement mena la première vague d'expulsions massives
des Bushmen de la réserve, déplaçant ainsi environ un millier d'entre
eux, détruisant leur communauté d'Old Xade, et fermant l'école et la
clinique médicale s'y trouvant.

Peu de temps après, Survival écrivit à Margaret Nasha (alors ministre
du Gouvernement local), appuyant les conclusions d'une réunion d'ONG
botswanaises demandant un moratoire sur les relocalisations.

Le début des ‘négociations'

‘Il n'y a aucune possibilité de négocier avec eux [le gouvernement]
parce que, quoique nous négocions, ils le rejettent et font une autre
chose
.' Castro

En mars 1998, Survival accueillit chaleureusement la promesse du
président sortant Masire de rencontrer une ‘équipe de négociation'
formée l'année précédente; l'organisation déclara dans un communiqué de
presse : ‘Survival se réjouit que le gouvernement du Botswana se
prépare à négocier avec des représentants des habitants de la CKGR'.

Les principaux membres de l'équipe étaient Ditshwanelo (le Centre
botswanais pour les droits de l'homme), Kuru (une ONG botswanaise
finançant des projets de développement principalement en faveur des
Bushmen sans terre), le Conseil des Églises du Botswana, WIMSA (le
Groupe de travail des minorités indigènes du sud de l'Afrique), et
l'organisation des Bushmen du Kalahari central, First People of the
Kalahari (FPK). Son conseiller juridique était un avocat sud-africain.

Bien que deux Bushmen de chacune des sept communautés de la CKGR
fussent également membres à part entière de l'équipe, ils n'étaient en
pratique que rarement impliqués dans les négociations. Survival fournit
un soutien financier et logistique à l'équipe dans l'espoir que cela
permettrait au gouvernement de sauver la face devant ce qui était déjà
un désastre en matière de relations publiques.

Une première indication de l'attitude potentielle du gouvernement quant
à l'idée de permettre aux Bushmen de rester dans la réserve se fit jour
lorsque des fonctionnaires menacèrent d'expulser le conseiller
britannique chargé de concevoir le programme de gestion de la réserve
qu'ils jugeaient beaucoup trop favorable à cet objectif. Le conseiller
fut sauvé in extremis par l'intervention du principal bailleur de
fonds, l'Union européenne.

Tout au long du restant de la décennie, Survival émit des communiqués
de presse, des bulletins d'action urgente, des pétitions et des
articles, révélant l'intention du gouvernement d'exploiter autant les
riches gisements de diamants de la réserve que son potentiel
touristique.

(La détermination du gouvernement à expulser les Bushmen est
principalement due à la présence, dans la réserve, d'importants
gisements de diamants. Les ministres du gouvernement et autres
fonctionnaires qui visitèrent la réserve dans le but de convaincre les
Bushmen de quitter les lieux leur donnèrent comme raison que des
diamants y avaient été trouvés. Le gisement le plus important découvert
à ce jour dans la réserve est détenu sous licence par De Beers qui
possède également toutes les mines de diamants du Botswana. La
compagnie est intimement associée au gouvernement botswanais et son
directeur administratif au Botswana a publiquement approuvé l'expulsion
des Bushmen. C'est pour cette raison que la compagnie est devenue la
cible de Survival et d'autres organisations.)

Survival a continué de manifester sa préoccupation auprès des autorités
botswanaises, écrivant au Haut-commissaire du Botswana au Royaume-Uni,
comme par exemple en septembre 2002, exigeant qu'il ordonne une enquête
indépendante après que des Bushmen eurent été torturés par des gardes
forestiers. Bien qu'un rapport détaillé sur cet incident (au cours
duquel vingt hommes et quatre femmes furent battus et certains torturés
durant plusieurs jours) fut transmis par Survival au gouvernement et à
Ditshwanelo, aucune enquête n'eut lieu. L'un de ces hommes succomba à
ses blessures une semaine plus tard.

En mars 2001, le Conseil du district le plus proche de la réserve, qui
finançait l'approvisionnement en eau potable et en rations alimentaires
aux Bushmen de la réserve, votait l'arrêt total de ces services. (De
fait, l'eau fournie aux communautés de la réserve provenait du propre
puits de forage des Bushmen situé dans leur communauté de Mothomelo ;
le gouvernement ne faisait que transporter en camions une partie de
cette eau vers d'autres communautés de la réserve.)

Le mois suivant, Mme Nasha, ministre du Gouvernement local annonçait qu'elle n'approuverait pas de telles mesures.

Les résultats des ‘négociations'

‘Nous avons essayé de négocier et de résoudre la question sur le
plan local. Cela a échoué... Le FPK a tenté mais le gouvernement
n'écoutait pas. C'est pourquoi nous avons demandé l'aide de Survival
.' Roy Sesana, First People of the Kalahari

A l'heure actuelle, les discussions entre ‘l'équipe de négociations' et
le Département de la Faune et la Flore ont aboutit à une ‘troisième
ébauche de plan de gestion' concernant la Réserve. Selon ce plan, les
Bushmen auraient été autorisés à continuer la pratique de la chasse et
de la cueillette dans certaines parties de la Réserve. Mais ces ‘droits
d'usage' pourraient être à tout moment, et sans possibilité d'appel,
suspendus par le directeur du Département.

En mai 2001, ‘l'équipe de négociations' avait terminé ses travaux,
aucune autre réunion n'eut lieu. Lors de la dernière réunion, le
directeur du Département de la Faune et la Flore et ‘l'équipe de
négociations' se sont entendus sur les limites de ‘zones d'usage
communautaire' qui seraient allouées aux sept communautés bushmen
présentes dans la Réserve. Une carte détaillée avait été préparée pour
définir ces limites.

Détail déterminant, les ministres du gouvernement n'ont été informés que récemment du contenu de ce plan.

La stratégie de l'équipe de négociations consistant à ne s'adresser
qu'au Département de la Faune et la Flore a été définie contre l'avis
des Bushmen qui estimaient que l'absence de ministres haut placés ne
ferait qu'affaiblir la portée des négociations. En juin 2000, un
avocat sud-africain, membre de l'équipe, écrivait aux Bushmen :
‘Je vous exhorte à revoir au plus vite la position adoptée lors de
notre entrevue du 10 juin 2000, à savoir que vous ne rencontrerez pas
le Département de la Faune et la Flore sans la présence des ministres
Nasha et Kwelagobe. Je pense sincèrement que si les négociations avec
le Département sont correctement menées, nous serons en mesure de
conclure un accord avec le Département qui engagera le gouvernement'.

Cette position était également celle de Alice Mogwe de l'organisation
Ditshwanelo. Dans une lettre adressée à Survival le 1er août 2001, elle
exprimait sa préoccupation que les ‘politiciens [pourraient] comprendre
que des négociations étaient toujours en cours et que quelque chose
était en train de se passer.'

Ce conseil, contraire au propre instinct des Bushmen, fut extrêmement
néfaste. Si le plan avait pu être mis en place, la politique du
gouvernement consistant à ‘encourager' les Bushmen à quitter la réserve
n'aurait plus eu aucun sens. Le plan aurait, au contraire, ‘encouragé'
les résidents à rester dans la Réserve.

Le 13 août 2001, peu après que l'issue des 'négociations' soit devenue
évidente, le gouvernement annonçait son intention de suspendre tous les
services accordés aux Bushmen encore présents dans la Réserve.

Dans une tentative délibérée de faire réagir le gouvernement et
l'amener à revoir sa position, l'équipe de négociation a communiqué au
journal sud-africain Mail and Guardian une partie du contenu de la
troisième ébauche de plan de gestion. Dans un article publié le 31 août
2001 intitulé ‘Le retour à leurs sources', l'accord était qualifié de
‘révolutionnaire' et de ‘stupéfiante victoire pour les Bushmen'.

Cette stratégie n'a pas fonctionné et, malgré les engagements
historiques du gouvernement promettant le contraire, en février 2002,
les ‘services de base' fournis aux Bushmen étaient suspendus et leurs
réserves d'eau rendues inutilisables. La plus grande partie des Bushmen
restés dans la réserve, où toute activité de chasse a été interdite, en
ont été expulsés dans des camions.

Le Département de la Faune et la Flore fut sommé d'enterrer le projet
et le fit. Il publia un peu plus tard un ‘projet final de gestion' dans
lequel toute référence à la permission accordée aux Bushmen de rester
dans la Réserve avait été retirée.

Durant cette période, Survival ne tenta rien de plus que ce qu'elle
faisait depuis des années, à savoir attirer l'attention de l'opinion
publique internationale sur le sort des Bushmen et rencontrer des
membres du gouvernement quand cela était possible.

En 2005, le gouvernement porta une loi au Parlement destinée à
supprimer de la Constitution la clause concernant la protection du
droit des Bushmen à vivre dans la Réserve. Vers la fin de l'année, il
ferma la Réserve, envoya des gardes armés et la police, supprima le
troupeau de chèvres des Bushmen, déporta de nombreuses familles qui
étaient retournées dans la Réserve et arrêta et incarcéra tous leurs
leaders. Il consfisqua également, pour la seconde fois, leur équipement
radio qu'ils utilisent pour communiquer avec le monde extérieur. La
chasse et la cueillette dans la Réserve furent bannies.

Survival mène cette campagne depuis 25 ans en étroite collaboration
avec les Bushmen. Ces derniers mois, l'organisation a eu des réunions
avec des fonctionnaires du gouvernement et des dirigeants de De Beers.
Elle a aidé les Bushmen à poursuivre le gouvernement en justice pour
obtenir le droit de retourner sur leurs terres.

L'action de Survival a permis de faire en sorte que l'expulsion des
Bushmen du Kalahari devienne le cas concernant des peuples indigènes le
plus largement connu dans le monde.

Le point de vue des Bushmen sur les négociations

‘Nous, le FPK, représentons le peuple de la Réserve du Kalahari.
Nous avons essayé de négocier mais cela a échoué. Nous avons fait tout
ce que nous avons pu, c'est pour cela que nous demandons à Survival de
mener campagne. Nous vous mandatons pour cela. Continuez !
' Qose Xhukuri

En dehors de First People of the Kalahari (l'organisation représentant
les Bushmen du Kalahari central), la seule autre organisation impliquée
dans la Réserve du Kalahari véritablement dirigée par les Bushmen est
la section botswanaise de WIMSA. Son coordinateur a déclaré : ‘Le
gouvernement du Botswana ne reconnaît pas du tout les Basarwa [terme
désignant les Bushmen au Botswana]. C'est pour cela qu'aucune
négociation réelle n'a pu se mettre en place avec le gouvernement'
et : ‘Nous estimons fausses les allégations selon lesquelles la
campagne de Survival a directement durci l'attitude du gouvernement du
Botswana sur la question de la Réserve du Kalahari'.

Les ‘négociations' étaient-elles de véritables négociations ?

‘Je mandate Survival pour continuer à soutenir et faire pression en
faveur des Bushmen et de la question de la Réserve du Kalahari jusqu'à
que nous récupérions notre territoire
'. Molathwe

Dans leurs dépositions lors du procès des Bushmen contre le
gouvernement, les témoins cités par le gouvernement ont inlassablement
nié l'existence de quelques ‘négociations' que ce soit. ‘Négociation'
implique une volonté commune de parvenir à un accord mutuel. Le
gouvernement a admis n'avoir jamais été dans cet état d'esprit.

Au contraire, il a toujours affirmé avoir simplement consulté les
communautés de la Réserve, tout comme il a consulté d'autres parties
intéressées à l'avenir de la Réserve. Il se gardait le droit de rejeter
les opinions des personnes rencontrées. C'est exactement ce qu'il a
fait (peut-être même a-t-il seulement consulté les Bushmen puisque cela
était la condition d'une important subvention de l'Union
européenne ; la consultation n'étant dès le départ qu'un
simulacre).

Cette attitude a clairement été expliquée par M. E. S. Mpofu,
secrétaire permanent du ministère des Affaires étrangères : ‘Le
gouvernement a pris une décision estimant avoir suffisamment consulté.
Je ne pense pas que quiconque puisse parler de rupture de dialogue'.

Qui porte des accusations et pourquoi ?

‘Survival, continuez à travailler sur ce cas, ne vous arrêtez pas de
parler de ce problème. Nous vous dirons quand arrêter. Je remercie
Survival et je suis satisfait de son  travail. Survival nous aide
et parle de notre vie. Si Survival avait pu être notre gouvernement,
cela aurait été vraiment bien
'. Mogolodi Moeti

Deux organisations, Ditshwanelo et Kuru, prétendent que la campagne de
Survival contre les relocalisations forcées a desservi les
‘négociations' en cours. Chacune d'entre elles a des intérêts
particuliers à attaquer le travail de Survival et aucune n'a pu
apporter la moindre preuve tangible, et ce malgré les demandes de
Survival sur ce point.

Kuru mène actuellement avec De Beers des négociations portant sur une
importante subvention pour ses activités. Lors d'une rencontre avec
Braam LeRoux, missionnaire de l'Eglise réformée néerlandaise et
coordinateur de Kuru, la somme de 5 millions de dollars a été avancée.
M. LeRoux et des Bushmen membres de son organisation ont effectué une
tournée de promotion en Europe organisée par De Beers. De Beers étant,
tout comme le gouvernement du Botswana, l'une des principale cible de
la campagne de Survival, M. LeRoux ne peut être considéré comme un
observateur neutre.

Ditshwanelo est dirigée par la fille d'un ex-ministre des Mines et
conseiller spécial du président, qui se trouve également être le
directeur d'une société d'exploration diamantifère possédant des
concessions dans la Réserve du Kalahari. L'organisation a reçu
d'importantes sommes d'argent de la part de donateurs européens pour la
conduite des négociations.

Elle a donc tout intérêt à affirmer qu'un intervenant extérieur comme
Survival est responsable du fait qu'ils ne soient pas parvenus à des
résultats politiques, plutôt que de reconnaître les énormes pertes de
temps et d'argent dans un processus sabordé à l'origine par les
ministres du gouvernement.

Curieusement, pour une organisation des droits de l'homme, elle a
toujours minisé les menaces planant sur l'existence des Bushmen de la
Réserve du Kalahari. En 1996, par exemple, moins d'un an avant
l'expulsion de tous les Bushmen de la communauté de Xade,
l'organisation déclarait que les rapports prévoyant un ‘déplacement de
masse forcé étaient démesurés'.
 
Le gouvernement du Botswana et la compagnie De Beers emploient tous
deux les services de la célèbre agence multinationale de relations
publiques Hill and Knowlton pour contrer la campagne en faveur des
Bushmen. Cette société est très controversée pour avoir précédemment
travaillé pour la dictature militaire au Guatemala dans les années 1980
mais également, entre autres, pour le gouvernement chinois peu après
les massacres de Tienanmen en 1989 et pour Idi Amin Dada.

Hill and Knowlton a créé et financé un groupe de travail sur le
Botswana composé de parlementaires britanniques de tous bords et les a
emmenés plusieurs fois au Botswana, leur itinéraire étant alors
contrôlé par le gouvernement. (Ce groupe était présidé par le député
Nigel Jones, aujourd'hui Lord Jones, qui a récemment annoncé qu'il
partait s'installer au Botswana, dans une luxueuse résidence de golf.)

En 2005, constatant l'ampleur de la couverture médiatique
internationale du sort des Bushmen, le ‘chef de publicité' de la
campagne anti Survival/Bushman s'est installé dans les bureaux de la
Haute Commission du Botswana à Londres, pour la somme de 50 000 livres
sterling annuels pendant 3 ans. (Une somme qui, selon les propres
chiffres du gouvernement, aurait permis de maintenir les
infrastructures de base des Bushmen dans la Réserve pendant 27 ans.)

Il est par conséquent difficile de ne pas trouver troublant le ‘timing'
serré entre l'intensification de la campagne de Hill and Knowlton, la
décision de De Beers d'allouer 5 millions de dollars à Kuru et 
les attaques de plus en plus sévères dont fait l'objet Survival,
notamment lors du programme radio Radio 4 Crossing Continents.

Que disent les Bushmen du Kalahri à propos des attaques contre l'action de Survival?

‘Ditshwanelo affirme que c'est l'intervention de Survival qui a provoqué les relocalisations. Ce n'est pas vrai.' First People of the Kalahari

Les attaques contre la campagne de Survival se faisant de plus en plus
pressantes, les Bushmen du Kalahari central rispostèrent. Dans un
communiqué de presse intitulé ‘Les Buhmen de la CKGR déclarent – Survival continuez à nous aider', l'organisation First People of
Kalahari écrivait : ‘Certaines ONG provoquent des conflits entre les
Bushmen de ce pays parce qu'elles prennent à leur place des décisions
les concernant… Des gens ont été chassés de la CKGR et maintenant ils
meurent du sida [De nombreux bushmen ont été contaminés par le sida
dans les camps de relocalisation et certains en sont morts]. Est-ce que
c'est ça le développement? FPK dit que c'est du génocide. Ils [le
gouvernement] déportent les gens dans des endroits comme New Xade et
Kaudwane [camps de relocalisation], où ils nous tuent avec le sida et
tuent notre culture. Ce qu'ils ont fait aux Bushmen est injuste. Tout
le monde devrait dire que c'est injuste…

‘Au lieu de nous aider, ils [Braam LeRoux de Kuru, etc.] essaient de
saboter notre campagne. Et ils nous ont déjà porté préjudice vis-à-vis
des donateurs. Ces gens affirment qu'ils travaillent en notre nom.
S'ils nous représentaient réellement, ils nous aideraient dans notre
procès.

‘Ces types veulent vendre nos droits parce que Kuru a reçu de l'argent
de De Beers. Mais nos droits ne peuvent pas être échangés contre de
l'argent. Nous savons combien De Beers a donné à Kuru. Cet argent a
servi à acheter nos droits.

‘Parce que Survival s'est maintes fois rendue dans la CKGR pour
rencontrer les Bushmen… [nous estimons] que sa campagne est juste et
conforme à ce que nous lui avons demandé... FPK et les Bushmen affectés
de la CKGR reconnaissent que l'action de Survival est vraiment une
bonne chose et tout le monde dans la CKGR peut s'en rendre compte et
l'apprécier. Nous voulons que Survival continue sa campagne.'


Conclusions

• Survival, qui a contribué à mieux faire connaître la persécution des
Bushmen du Kalahari et à canaliser la préoccupation internationale qui
s'ensuivit pour presser le gouvernement du Botswana à modifier sa
politique, a agit à la demande expresse des centaines de Bushmen
concernés.

• Survival a pris le temps nécessaire pour s'assurer que toutes ses
actions reçoivent l'approbation et le consentement des gens concernés.

• Contrairement à ces ONG (Ditshwanelo et Kuru) qui ont critiqué
l'action de Survival, notre organisation a passé au fil des années
beaucoup de temps dans les communautés mêmes, aussi bien à l'intérieur
de la Réserve avant les expulsions que dans les camps de
relocalisations. Nous disposons d'un très grand nombre
d'enregistrements audio et vidéo dans lesquels témoignent les Bushmen
concernés.

• Aucune preuve ne peut corroborer l'affirmation selon laquelle la
campagne de Survival a fait échouer les négociations. Au contraire, le
gouvernement a décidé de suspendre tous les services accordés aux
Bushmen présents dans la Réserve lorsqu'il prit connaissance, au cours
de l'année 2001, du plan que son propre Département de la Faune et la
Flore avait négocié.

• Dès le début des années 1980, Survival a tenté à plusieurs reprises,
au cours de réunions avec des ministres et des représentants du
gouvernement, de convaincre le gouvernement de revoir sa politique de
relocalisation. Le gouvernement n'a tenu aucune des promesses faites
aux Bushmen et à Survival les assurant qu'il n'y aurait pas
d'expulsions.

• Survival s'est engagée auprès des Bushmen du Kalahari central de
continuer à mener campagne jusqu'à ce qu'ils puissent retourner vivre
en paix sur leur territoire. Survival ne se laissera pas distraire par
les attaques sur sa réputation ou par les basses manœuvres des agences
de relations publiques. Si les autorités du Botswana souhaitent
restaurer la réputation de leur pays, ils devraient autoriser les
Bushmen qui le souhaitent à retourner sur leur territoire ancestral
plutôt que de s'assurer les services de manipulateurs d'opinion
professionnels.

L'éviction forcée des peuples indigènes était chose courante aux XVIIIe
et XIXe siècles. Elle n'a pas sa place au XXIe siècle et nous ne
pouvons permettre que de telles politiques soient encore d'actualité ou
nous n'aurions rien retenu de l'histoire et des nombreux génocides
silencieux de peuples indigènes disparus sans laisser de trace.
Survival fera tout ce qui est en son pouvoir pour que l'histoire ne se
répète pas.



APPENDIX: Extracts from just some of the countless interviews conducted by Survival with Bushmen from the central Kalahari

'We are saying to those people who can help with campaigning not to
stop campaigning, talk to the government, make a hell of a noise, and
maybe it will change its policies. Organisations like Survival have to
carry on making campaigns, and making noise, and informing the whole
world what is happening with the Bushmen…. Please, if there are
people who are clever like the government, make campaigns, and help us,
rescue us from the government. The only thing we are doing now is
asking for support internationally from people who have ideas for
helping us, with what the government is doing. We do praise what
Survival is doing, because always on the radio we get news about
Survival, so what Survival is doing, please do it.'
Mongwegi Gaoberekwe

'We like Survival's campaign, and we want it to continue, so we can go
back… Please, we need Survival's campaign, and others to support us
on this issue. Maybe with this support we will get the chance to have
our land.'
Speed Gaothobogwe

'When Survival offered us radio communication, we were very glad. We
could communicate with the other settlements. It was really nice. We
thought even our grandparents might come out from their graves… Thank
you for coming, and for all the good things Survival is doing. We
mandate you to continue.'
Molathwe Digobe

'I say, Survival, keep campaigning. Don't listen when people say it's
only Survival, it's not, it's the Bushmen! Survival has to work hard
and make a lot of noise. Every day when you go back to London I want to
hear the words of Survival talking about the CKGR issue. We will be
busy here turning on our radios as we know that the government will be
talking more about Survival if Survival does more campaigning.
Roy Sesana

'We really need support, and we need to go back. We want to be in our
own land, we want help to be where we originate, in our ancestral land.
We are sending Roy, and asking for help from Survival. People say its
from Roy and Survival, but we send you. We say that.'
Gakebaralwe Thankane

'Thanks for your support. I say with all my heart, I don't like this area [relocation camp]. You're doing the right thing.'
Mokwaledi Sesana

'We want to go back. That's the only thing we want but the government
is reluctant to let us go back… Don't draw back. Carrying on
campaigning – you are reinforcing us. Go on campaigning.

‘The message for Survival and Survival supporters is carry on with the
campaign, increase the pace of the campaign – I think you have been
doing nothing. Survival still has to make more campaigns. I disagree
with what I heard about what Ditshwanelo is saying. Ditshwanelo says
Survival has been interfering and caused the relocation. That is not
the truth… Only when we have found our land is when we will tell you
to stop doing the campaign.

'Some people say that the government is being stubborn because of
Survival's campaign. But Survival is doing the right thing. We, the
community, have asked Survival to campaign… My last word is, keep on
campaigning, and let the campaign go higher now. I say, CAMPAIGN!'
Dauqoo Xukuri

'We are really happy about Survival's campaign, and we want more
support and more campaigning from Survival… We thank Survival for the
help we have. Survival is standing up, and doing all these things in
the TV and papers, campaigning. Let that information be passed all over
the world.
Moeti Gaoberekwe

'I'm giving Survival the mandate to carry on supporting and lobbying on
the issue of CKGR and the Bushmen until we get our land.'
Molathwe

So you outside must help because the situation is getting tight. The
government officials are saying Survival won't help us any more but we
told the government, 'You are not asking for Survival, we are ones who
are asking for help from Survival, so you can't interfere with us and
Survival. We are asking for help because we can't manage ourselves,
that's why we are asking for help from Survival because you the
government will never help us.'
Kumaneko

'Survival shouldn't be scared of what the Batswana [majority population
of Botswana] say because they know they are surviving well where they
are. You shouldn't be stopped by Batswana, by Alice [Mogwe, of
Ditshwanelo] and the government officials. They know they are living
well but we Bushmen are starving here. There is discrimination.
Botswana says it's a free country but what's happening to the Bushmen
you can see it's discrimination. My father Moeti is inside CKGR and
he's sick [he has since died] but I'm not allowed to visit my parents.
If I go there they chase me out and that's war. The San people are not
in a peaceful place we are not rested. It's war. Survival please work
hard on this issue. Don't stop talking about this issue. We will tell
you when to stop.

I thank and am happy about the work of Survival. Survival is helping us
and it's talking about our life. If Survival was our government, it
could have been very, very nice. Survival gave us very good help with
the radios because we communicated with each other over the radio. If
we had them now we would know how our parents are. With the radios, we
knew about our relatives in different areas, how they were feeling, who
was sick, who was well. What the government has done to us is very bad
and I give Survival the mandate to carry on supporting us and
campaigning for the land of the Bushmen in CKGR until we have won it
back.'
Mogolodi Moeti

'I think Survival's campaign is great – it's very good. Survival has to
take on doing the campaigning for the Bushmen inside CKGR, because
right now we are sitting here in Botswana and nothing is done. The
government keeps on doing whatever it likes. Like now people inside
CKGR don't have food or water to drink. The government has said if you
remain that's up to you but you can't gather and you can't hunt. It's
killing them. They are not allowed to survive because they are punished
so they feel pain so to they will go to where there is food where they
can survive. That is not voluntary – that is force, not force by
beating but force by deprivation – if you don't do this I will not give
you this food.

‘So what I say to Survival is that you have to keep on campaigning,
whatever the government is saying like 'Why is Survival
interfering?'.  Survival is right. Survival is talking about the
Bushmen who are asking Survival to talk about their rights and talk
with the government of Botswana. So I give Survival the mandate to keep
on campaigning for the Bushmen of CKGR.

‘I don't think negotiations can still work according to what I hear
everyday from the parliament and the president himself. He's not going
to go back on the policy they have taken. So that shows me that
negotiations will not work.
Jumanda Gakelebone

'I have heard a lot about Survival and I hear on the radio that you are trying to help us.'
Gabusiso Thekiso

‘For us development is being on our land, being given water here on our
land and a clinic and school built on our land, not outside on another
person's land. New Xade [relocation camp] is not a place where a person
can survive, like my wife she went there and nearly died of hunger.

‘You have tried to help and gave us the radios and now we can't
communicate because the government people took away the radios and we
don't know why they are keeping them and for what purpose. Those radios
gave us a lot of help – we could talk to FPK in Ghanzi when we needed
help and they could even talk to you people in London.

‘The government is doing this because they don't want the Basarwa
[Bushmen] to live so that's why they are ripping everything from us.
The government is just trying to kill the Basarwa. Every time Survival
tries to help, the government tries to say it's not oppressing the
Bushmen while they are doing just that. So Survival should continue to
publicise this to the international world so they come here and see
what the government is doing. The government of Botswana says we are
trying to help these people and not oppressing them. They should come
here themselves and see what's happening. What Survival has done so far
is good and I think it would have been better if Survival was based
here in Botswana.'
Gakekgolele Gaoberewe

'Please carry on on with the campaign and talk to the government to let
us stay on our home lands, our fathers' lands. Please help us with food
and water as the government is reluctant to help.'
Kgwatiso Gaorapelwe

‘I urge Survival and the international world to help us and tell the
government to let us stay where we are and tell it whenever we want to
be developed, we should be developed here [in the CKGR] and our
children should go to school here so that they practice both their
culture and the new culture of the school.'
Bilathwe Phetladipou

'You shouldn't be afraid of people who say you shouldn't come here
again, which is the government… Please, if you want to help, please
tell the outside people to help us with water because that's all we
need to survive – the rest we can take care of ourselves… You 
shouldn't care about the government and what it says against
Survival… I understand very well how you are campaigning and how you
can't help because the government won't let you in [to the reserve].
Thank you to Survival for what you are doing.'
Lenkagetse Tshotlego

'The government doesn't want the Basarwa to live, just to die. The
government says we are doing well and are short of nothing, while we
are starving. They should be prosecuted and go to jail because they are
lying and stealing other people's money. When you go out tell the
people that when the president goes overseas he's telling lies – he's
throwing the Bushmen people around… He puts people in camps and says
he will develop them but they are starving. We want to stay here where
we were born. They are trying to force us out but even if we went to
the camps we would not be given the chance to live the way we used to,
the way we want to. The government is always on top of our heads. We
don't know of any other place where we would live better. We only know
how to live where we are. We don't think we will live better anywhere
else. You should carry on with your campaign and the Creator will help
you to achieve what you are trying to do with us.'
Letsema Mohelwang

‘A lot of people now are saying Survival is wrong to be campaigning.
Some people believe it's a good thing. We have to look at the situation
as it is. Why should Survival stand up and campaign? Who is Survival
campaigning for? Those are the questions we have to ask ourselves and
in this case I think it's not wrong at all because Survival actually
goes to the people on the ground and collects the information from
people and it's the communities which send Survival to stand up on
their behalf. Nobody should just sit down in Ghanzi and Gaborone and
say Survival is lying when they have never contacted people. As long as
Survival is campaigning and talking about people and  speaking
people's ideas out loud I don't see any reason why we should say
Survival is wrong to be doing that. Only if Survival is creating
stories – but as far as I am concerned Survival is not. Survival has
visited the communities themselves on a number of occasions to get the
information from the people and get the go ahead from the people. So I
think Survival has been good campaigning.

‘I don't know how much the campaign has done, as I'm now out of touch,
and how it's turned the government officials. As much pressure as can
be put on the government will help as the whole problem here is that a
lot of people don't understand what Survival is talking about until
people sit down and have discussions with Survival or with the people
Survival is campaigning for. That is the only time people will
understand that Survival is not mad shouting every day. I think

Survival understands our situation and listens to us and understands us
and that is why Survival is campaigning for us. I don't think water and
essential services were cut because of Survival's campaign because one
of the ministers warned the CKGR residents services would be cut before
Survival grew up. Already the government had this in mind that they
would cut off services. It is not because of the campaign that they
were cut off. That's not correct.'
Mosodi

‘Survival is doing quite a good job and should carry on because we can
see that Survival is very keen to help us to the extent that they gave
us radios. We can see that people are worried about what is being done
to us. So I think Survival is doing a good job and Botswana is getting
jealous and it doesn't want Survival to do this because it wants the
Bushmen to die. The government won't help us but others will. Don't be
scared by the government – just carry on. The time will come when you
will manage to overpower the government. Then we will be able to go
back to our place. We hope you will carry on and don't be cheated by
the government because the government itself is a cheat.'
Dingongorego

‘You people at Survival should carry on. You international
organisations should try to help us with water as the government has
already decided it won't. A person can't survive without water.'
Tlhalehang Galitshipi

‘Survival has done a good job…  I know that Survival has been
helping and I like your help because the government is supposed to help
us but it's not. It's punishing us. So you people are doing a great
job. You should put more pressure on the government.'
Segoko Moitshane

‘So I hope and I'd like Survival to increase its work – it shouldn't
draw back. It should increase its work and put pressure on the
government. The government is supposed to help us but it's trying to
kill us, that's why it's taken us out and put us in other people's
land. The people from Gugama are eating dog here – there's nothing for
them to eat. The children have nothing. That's why they are crying to
go back. They live on cattle which have long died – they go and collect
their skins in the bush and eat them. The government is doing very bad
things with Bushmen in general here in Botswana. It's not only us. I've
just recently heard that the government has cut the water off at
Jamakate in NE District. They are another Bushman people and I heard
the government cut the water and they have to move to another place. So
that's how Bushman are treated – they are not treated like other people
in Botswana. So I hope Survival will put pressure on this government as
it's doing very bad things to Bushmen in general here in Botswana.'
Amogoleng Segootsane

‘People were making noise during our relocation – I don't know who they
are. I would like those people to continue making a noise because maybe
in the long run the noise may help us in some way.'
Bithanona Mogoba

‘There is no room for negotiating with them [the government] because
whatever we negotiate, they dump it and do a different thing.

‘I heard of Survival International's support on the radio because the
ministers are crying everyday on the radio saying Survival is
campaigning for the diamond mining to be cut off. I think Survival's
campaign is OK and the government should support Survival. I call on
all other countries, Britain, America and Japan to support Survival
International in our campaign. All other governments should talk to the
Botswana government to stop relocating us and give us our tribal land
because we have stayed there for many, many years, even before Botswana
got its independence we were there, so we should be given the right to
stay on our land.

‘Survival International should continue to lobby and campaign for us
and campaign for all Bushmen in the world and to tell all NGOs to help
to try and persuade the government to let us back on our tribal land.
We should feel free in Botswana under the Botswana government. We are
the tribal owners of the land and I pray that Survival should succeed
in its campaign. I pray that… Survival will be strong and end up
persuading the government to stop relocating us and give us our tribal
land.'
Castro

‘Tell these people [the government] to leave us in our own place. They
are in their own place and nobody is troubling them. You people carry
on – it will be very good of you to make an effort and take our story
to the international people to talk to the government. Do that and let
us know. Let us go back to our land. Don't be sleepy – wake up and
stand on your feet!'
Mamo Mbohe

‘Help us please, we need your help. We people who were moved from CKGR
all of us need your help. You have to stand up and give us that help so
we can move back to our place because in our area we live well. Nothing
hurts us when we live there. We don't like this area [the relocation
camp] because most of the people get sick here, especially the people
from CKGR, most get sick.

I'm very happy with Survival International because it's trying to help
us. Survival is the one talking with the government saying you must not
take out the people in this way, You have to treat them as people. The
way the government acts is not good because it's forcing us. And
Survival is saying no, you don't have to force these people, you have
to talk to them.'
Oakantse Mmolayapudi Balbal