La Cour d’appel décide que l’affaire des Bushmen doit être entendue

25 Juillet 2002

Un aîné bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
Un aîné bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
©Stephen Corry/Survival

Un soutien important vient d'être apporté aux Bushmen gana et gwi et
leurs voisins les Bakgalagadi par trois juges de la Cour d'appel du
Botswana. Les Bushmen faisaient appel contre une décision de la Haute
Cour de justice rejetant leur action en justice sur des détails
techniques concernant la présentation des témoignages. La Cour d'appel
a décidé que la Haute Cour devait auditionner les Bushmen. Ces derniers
contestent leur expulsion de leur terre ancestrale dans la Réserve du
Kalahari par le gouvernement qui les a relogés dans des camps à
l'extérieur de la Réserve.

La première action en justice des Bushmen avait été intentée par Roy
Sesana, un leader gana, et 247 autres ex-habitants de la Réserve. Les
témoignages avaient été difficiles à présenter car Roy Sesana et la
majorité des autres demandeurs ne savent ni lire ni écrire et ne
pouvaient pas, pour la plupart, se rendre aux audiences de la Cour. Ces
problèmes ont décidé la Haute Cour à rejeter l'affaire le 19 avril 2002.

Mais les trois juges en charge de l'appel, M. Tebbutt, Lord Sutherland
et M. Akiwumi , ont souligné l'importance d'un tel procès et décidé
qu'il devrait se tenir devant la Haute Cour. Au vu des difficultés
concernant les témoignages écrits, les juges ont proposé aux Bushmen
que le procès se tienne à Ghanzi, une ville assez proche de la Réserve
et des camps de relocalisation, permettant ainsi à de nombreux Bushmen
de venir témoigner en personne. Si cela n'était finalement pas
possible, le procès se tiendrait alors à Lobatse et des
témoignages  écrits seraient alors produits.

Les Gana, les Gwi et les Bakgalagadi espèrent maintenant que ce procès
sera pleinement entendu et que la Cour reconnaîtra enfin leur droit à
retourner vivre sur leurs terres.