Le lauréat du ‘prix Nobel alternatif’ : sans notre terre nous mourrons

9 Décembre 2005

Enfants bushmen, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
Enfants bushmen, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
©2004 Stephen Corry/Survival

Roy Sesana, bushman du Kalahari recevra demain, le 9 décembre, le 'prix
Nobel alternatif' et s'adressera à cette occasion au monde entier : ‘Mon
peuple aime sa terre, sans elle nous mourrons'.

Roy Sesana et First People of Kalahari (FPK), l'organisation qui
regroupe les Bushmen gana et gwi du Botswana se sont vu décerner le
Right Livelihood Award, plus connu sous le nom de ‘prix Nobel
alternatif' pour leur ‘détermination à résister à l'expulsion de leurs
terres ancestrales'.

Les Gana et les Gwi ont été expulsés de leurs terres par le
gouvernement botswanais. Ils ont été arrêtés, battus, torturés et
interdits de chasse et de cueillette. Tous les leaders du FPK ont été
arrêtés en septembre dernier et ont été inculpés pour avoir tenté de
rentrer dans la réserve. Un Bushman au moins est mort de faim depuis
que la réserve a été bouclée par le gouvernement.

Roy Sesana s'adressera aux journalistes et aux autres lauréats durant
la cérémonie qui se tiendra au Parlement suédois : ‘Ils nous ont dit
que nous devions partir à cause des diamants. Puis ils nous ont dit que
nous chassions trop de gibier. Mais ce n'est pas vrai. Ils disent
beaucoup de choses qui ne sont pas vraies. Ils nous ont dit que nous
devions partir pour que le gouvernement puisse nous développer.'

‘Je me demande de quel développement il s'agit lorsque les gens vivent
moins longtemps qu'avant ? [Dans les camps de relocalisation] le sida
fait des ravages parmi nous. Nos enfants sont maltraités dans les
écoles et ne veulent plus y aller. Certains d'entre nous se
prostituent. Nous n'avons pas l'autorisation de chasser. Les gens se
battent entre eux par ennui et parce qu'ils boivent. On commence à
constater des suicides. Nous n'avions jamais vu cela. Cela fait mal de
dire ça. Est-ce cela le développement ?

Nous ne sommes pas primitifs. Nous vivons différemment de vous mais
nous ne vivons pas exactement comme nos grands-parents, tout comme
vous. Vos ancêtres étaient-ils primitifs ? Je ne le crois pas. Nous
respectons nos ancêtres. Nous aimons nos enfants. C'est la même chose
pour tout le monde. Il faut maintenant que le gouvernement cesse de
nous voler notre terre : sans elle nous disparaîtrons.

Si celui qui a lu beaucoup de livres pense que je suis un primitif
parce que je n'en ai lu aucun, alors il devrait jeter tous ces livres
et chercher celui qui dirait que nous sommes tous frères et sœurs
devant Dieu et que nous aussi avons le droit de vivre.'



Pour plus d'informations

à Paris : Magali Rubino  
Tél 01 42 41 44 10 magali@survivalfrance.org
à Londres : Miriam Ross
Tél 00 44 20 76 87 87 34 mr@survival-international.org

Kerstin Bennett à Right Livelihood Award +46 (0)8702 0340

kerstin@rightlivelihood.org


Cliquez ici pour lire le discours complet de Roy Sesana

Cliquez ici pour des informations sur le prix


Note : Wangari Maathai, environnementaliste kenyane et le leader
nigérien Ken Saro-Wiwa sont parmi les précédents lauréats du Right
Livelihood Award.
Le leader du FPK, Roy Sesana, est le premier botswanais à recevoir ce prix.