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| Une femme sanapanã fabrique du fil de Sanapanã. Paraguay 1984.
©1984 Stephen Kidd/Survival |
Survival a pu obtenir une copie d'un nouveau rapport accablant sur un
projet de développement' controversé de l'Union européenne au
Paraguay. L'étude indépendante démontre que la Commission européenne a
gravement induit en erreur plusieurs gouvernements européens pour que
ces derniers approuvent le projet.
Le projet, de 20 millions d'euros, est censé bénéficier aux Indiens
pauvres du Paraguay. Les Etats membres avaient déclaré que le projet ne
pourrait aboutir que si les Indiens se voyaient reconnaître des titres
de propriétés sur une partie de leur territoire ancestral. C'est là
leur besoin le plus urgent et une obligation selon les législations
paraguayenne et internationale. Des ministres britanniques ont
également demandé à ce que cela soit une condition préalable à
l'approbation du projet. Le projet a été approuvé en juillet dernier
après que la Commission ait assuré que ces conditions étaient remplies.
Pourtant, l'étude indépendante mandatée par l'UE a révélé plusieurs faits :
- Les Indiens n'ont pour l'instant pratiquement rien reçu.
- Le rapport de la commission contient des données approximatives' et gonflées'.
- Une seule communauté sur 47 a réellement reçu un titre de propriété.
Pendant ce temps, de nombreux Indiens sans terre continuent de vivre
dans la misère le long de la route principale, cinq ans après que l'UE
se soit engagée à ce que leurs revendications territoriales soient
enfin acceptées. Les fonctionnaires corrompus ont bâti leur fortune en
achetant des terres inhabitables au nom des Indiens. Et l'approbation
du projet a ôté au gouvernement toute initiative d'octroyer des terres
aux Indiens.
La Commission était censée présenter le rapport aux Etats membre en avril mais rien n'a été fait.
Jonathan Mazower, chargé de campagne pour Survival, a déclaré aujourd'hui : « Ce
projet est scandaleux. Il est supposé bénéficier aux Indiens mais ceux
qui en profitent sont les consultants et les fonctionnaires corrompus.
La Commission a usé de tous les stratagèmes pour faire approuver le
projet en ne montrant aucune préoccupation concernant le sort des
Indiens ».