Le 22 avril 2000, le Brésil célèbrera le 500ème anniversaire de
l'arrivée sur ses côtes du premier homme blanc, l'explorateur portugais
Pedro Alvares Cabral.
Les Indiens du Brésil estiment qu'il n'y a pas grand chose à célébrer :
2 000 d'entre eux se réunissent aujourd'hui à Coroa Vermelha pour
participer à une conférence de trois jours sur le thème de 500 ans de
résistance indienne'. Un peu plus tôt ce même mois, 200 membres de la
police militaire sont entrés illégalement sur le site de la conférence – une réserve indienne – et ont détruit le monument de la
résistance' construit pour commémorer les 5 millions d'Indiens morts
depuis la colonisation du pays.
Des festivités ont été organisées par le gouvernement alors que la réalité ne prête guère à la fête :
- On estime qu'environ 1 000 peuples, représentant
entre 5 et 13 millions d'Indiens, vivaient au Brésil à l'arrivée de
Cabral. Aujourd'hui, après des siècles de maladies, d'esclavage, de
violence, de privations et de suicides, il ne reste que 350 000 Indiens
répartis en 215 peuples.
- Environ 50 peuples restent encore aujourd'hui non
contactés au Brésil. Ils sont vulnérables aux attaques des colons, des
mineurs et des propriétaires de ranch se disputant leurs terres.
- Le Brésil et le Surinam sont les deux seuls pays
latino-américains à ne pas accorder aux peuples indigènes le droit,
pourtant reconnu au plan international, de propriété sur leur propre
terre.
- En n'ayant pas démarqué tous les territoires
indigènes avant 1993, le Brésil est en violation de sa propre
Constitution. Seuls 283 des 561 territoires indigènes ont été à ce jour
démarqués.
- L'espérance de vie d'un Indien au Brésil est de
seulement 42 ans alors que la moyenne nationale est de 67 ans. Dans
certaines régions, l'espérance de vie des Indiens ne dépasse pas 24 ans
et demi.
- En 1999, le taux de mortalité des Yanomami était le
double du reste du Brésil. Les Yanomami ont 12 fois plus de risques de
contracter la tuberculose que les non Indiens. Le taux de mortalité
infantile est alarmant : 141 pour mille, deux fois supérieur à la
population blanche la plus pauvre.
- Une vague de suicides sévit actuellement chez les
Guarani, terrorisés par les hommes de main des propriétaires de ranch
qui leur interdisent l'accès à leurs terres.