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| Des enfants yanomami à Demani, Brésil.
©Milton Guran/Survival |
Depuis que la fondation nationale de la santé – FUNASA – a pris, l'an
dernier, le relais des organisations non gouvernementales pour
l'assistance sanitaire aux Indiens, les organisations indigènes
rapportent que les maladies se propagent de manière incontrôlée avec
parfois des conséquences mortelles.
La Commission Pro-Yanomami (CCPY) a annoncé que les cas de malaria chez les Yanomami
avaient quadruplé, passant de 418 en 2003 à 1645 en 2005, et ce malgré
un budget de la FUNASA consacré aux soins dans le territoire yanomami
deux fois supérieur à celui de l'ONG Urihi que la fondation
gouvernementale a remplacé. Le personnel médical a refusé de
prodiguer des soins avant d'être payé, ce qui a amené des représentants
yanomami à manifester devant le siège régional de la FUNASA. La malaria
est la plus grande cause de mortalité chez les Yanomami depuis son
introduction dans la région par les chercheurs d'or dans les années
1980.
Dans une lettre ouverte, sept organisations indigènes des régions de
l'Amapá et du Nord du Pará ont exprimé leur colère face au refus de la
FUNASA de collaborer avec elles dans le cadre du programme de santé aux
peuples indigènes.
Nous voulons participer activement à l'assistance sanitaire dans nos
régions indigènes et en avoir le contrôle étroit, parce que nous
connaissons la situation réelle et les besoins des communautés que nous
représentons. Nous refusons qu'une organisation non indigène ou non
indigéniste… prenne en charge l'assistance sanitaire indigène sans
expérience dans ce domaine.'
Le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI) rapporte que l'incapacité de
la FUNASA à dispenser les soins sanitaires adéquats entraîne la mort
d'enfants indigènes. Dans l'Etat de Tocantins, 15 enfants apinajé sont
morts de diarrhée, vomissement et fièvre au cours de ces cinq derniers
mois. L'an dernier, plusieurs dizaines d'enfants guarani-kaiowá sont
morts de malnutrition. Dans l'Acre, 10 enfants kaxinawá sont morts de
diarrhée. Depuis 2005, 20 enfants indiens du village Bananal dans le
Maranhão sont morts de diarrhée et de malnutrition.
Le CIMI met en cause la privatisation du service de santé, initiée par
le précédent gouvernement et poursuivie par l'actuel gouvernement,
compliquée par le fait que sous l'actuel gouvernement, des arrangements
ont été conclus dans tous les Etats avec les oligarchies locales,
historiquement opposées aux intérêts et aux droits des peuples
indigènes'.