Le gouvernement admet que l'alcoolisme tue les Bushmen

30 Mars 2006

Enfant bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
Enfant bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
©2004 Stephen Corry/Survival

Le gouvernement du Botswana a admis que l'alcool tue les Bushmen dans les camps de relocalisation.

Depuis le début de l'année, au moins 15 Bushmen sont morts dans les
camps de relocalisation. Le quotidien gouvernemental Daily News a
confirmé la semaine dernière que plusieurs de ces décès étaient dus à
une cirrhose du foie causée par une consommation excessive d'alcool et
autres brevages frelatés. Le cancer, la malaria ainsi que des maladies
respiratoires et cardiaques figurent parmi les autres causes des décès.

Contrairement à la situation à laquelle les Bushmen sont aujourd'hui
confrontés, aucune mort consécutive à l'abus d'alcool n'avait été
signalée dans la Réserve, lorsqu'ils vivaient encore sur leur
territoire ancestral où la consommation d'alcool restait exceptionnelle.

Dans les camps de relocalisation, où les Bushmen ne peuvent pratiquer
ni la chasse ni la cueillette et où ils dépendent des ‘subsides de
misère' gouvernementaux, l'ennui et la dépression sont légion et de
nombreux Bushmen de tous âges passent leur temps à boire.

Le gouvernement affirme dans le reportage du Daily News que sa décision
d'expulser les Bushmen ‘répondait à la nécessité d'assurer une sécurité
alimentaire et à des opportunités de progrès socioéconomique'.

Pourtant, l'organisation bushman First people of the Kalahari a
récemment déclaré dans un communiqué : ‘Notre peuple meurt dans le camp
de relocalisation de New Xade… Contrairement à ce que prétend le
gouvernement, New Xade n'est pas est un endroit où les Bushmen pourront
se développer'.

Les problèmes de destructuration sociale auxquels sont actuellement
confrontés les Bushmen sont courants chez les peuples indigènes qui ont
été expulsés de leurs territoires ancestraux, comme par exemple en
Australie ou en Amérique du Nord.

Les Indiens innu du Canada dont les taux de suicide et d'alcoolisme
sont anormalement élevés, ont récemment lancé un appel aux autorités du
Botswana : ‘Croyez-nous lorsque nous vous disons que pousser des
gens à quitter leur territoire ancestral et les déporter dans de
nouvelles implantations pour y vivre comme des Batswana ne les mènera
pas au développement mais les condamnera à des décennies de misère'.

Pour plus d'informations
Magali Rubino
01 42 41 44 10
magali@survivalfrance.org