Des Indiens isolés célèbrent une victoire territoriale

22 Mai 2006

Des Makuxi portant des costumes paishara lors d'une réunion à Bismark,
dans l'Etat de Raposa Serra
do Sol, Brésil. La réunion avec le ministre de la justice Nelson Jobim,
le Président de la  FUNAI Julio Gaiger et le gouverneur Neudo
Campos portait sur les revendications territoriales des Indiens.
Octobre 1996.
Des Makuxi portant des costumes paishara lors d'une réunion à Bismark, dans l'Etat de Raposa Serra do Sol, Brésil. La réunion avec le ministre de la justice Nelson Jobim, le Président de la  FUNAI Julio Gaiger et le gouverneur Neudo Campos portait sur les revendications territoriales des Indiens. Octobre 1996.
© ©1996 Fiona Watson/Survival

Deux groupes parmi les plus petits et les plus isolés du Brésil vont
avoir un avenir plus serein après la démarcation de leur territoire par
le président Lula. La signature du décret reconnaissant officiellement
leur territoire a été effectuée le 19 avril, journée nationale de
l'Indien au Brésil.

Les six membres du groupe Akuntsu sont probablement les derniers
survivants de leur peuple. Ils furent contactés en 1995, en même temps
que leurs voisins, les Kanoê, par des enquêteurs de la Funai, le
département brésilien des affaires indiennes. Les éleveurs de bétail
qui ont massivement envahi leur forêt ont tué la plupart d'entre eux,
détruit leurs maisons et leurs modes de vie. Il ne reste que trois
Kanoê dans la région.

Les survivant s ont raconté que les bulldozers détruisaient leurs
maisons commuautaires  tandis que les colons armés tuaient les
membres de leurs familles au cours de violents affrontements et que les
autres mouraient de maladies introduites.

Les 6 Akuntsu et les 3 Kanoê vivent dans deux villages de la région de
Omerê dans l'Etat de Rondônia. Ils sont encerclés par de vastes fermes
d'élevage dont les propriétaires sont déjà parvenus à réduire leur
territoire de manière substantielle.

La convoitise de l'un des fermiers était telle que même après que
la Funai ait démarqué le territoire, il a délibérément tenté
d'exterminer les Kanoê en leur offrant de la nourriture empoisonnée.
Une mère kanoê et son enfant en sont morts. Aujourd'hui, pour la
première fois depuis des décennies, ils peuvent vivre en paix, sans la
crainte constante d'être envahis.