Situation des peuples indigènes des îles Andaman et Nicobar

6 Janvier 2005


©Salomé/Survival

Quatre tribus appartenant au groupe dit « negrito » vivent sur les îles
Andaman : les Grands Andamanais, les Onge, les Jarawa et les Sentinele.
Deux tribus « mongoloïdes » vivent quant à elles sur les îles Nicobar :
les Shompen et les Nicobarais.

Les tribus « negrito » auraient quitté l'Afrique pour les îles Andaman
il y a plus de 60 000 ans. Toutes sont composées de
chasseurs-cueilleurs nomades chassant les porcs sauvages et les varans,
pêchant à l'arc et à la flèche, récoltant des racines, des baies et du
miel dans la forêt. Les tribus mongoloïdes sont probablement arrivées
des côtes de Birmanie et de Malaisie sur l'archipel de Nicobar il y a
plusieurs milliers d'années.
 
La situation actuelle :
• Les Grands Andamanais (population estimée à 43) : c'est la
tribu qui a le plus souffert du contact avec l'extérieur, sa population
ayant chuté de 99% depuis la première colonisation britannique des
îles. Ils vivent depuis plusieurs années dans un campement
gouvernemental où ils sont complètement dépendants de l'aide de l'Etat.
Le tsunami ayant détruit leur village, ils ont été transférés vers la
capitale de l'île, Port Blair.
• Les Onge, (population estimée à 100) : leur forêt ancestrale a
été pillée par les braconniers et les bûcherons. Ils ont été
sédentarisés par l'administration indienne et sont dépendants de l'aide
alimentaire gouvernementale. Les 73 Onge vivant à Dugong Creek ont
survécu en se réfugiant sur les hauteurs après avoir observé le
mouvement de l'océan qui se retirait.
• Les Jarawa (population estimée à 250) : ils ont depuis six ans
des contacts amicaux avec le monde extérieur. Ils vivent sur les côtes
ouest des îles de Sud et Moyen Andaman et semblent avoir tous survécu
au tsunami. Ils mènent une vie totalement autosuffisante de chasse,
cueillette et pêche. La principale menace pesant sur leur existence est
la route qui traverse leur territoire : la Cour Suprême a ordonné en
2002 sa fermeture mais le gouvernement indien ignore pour l'instant
cette décision.
• Les Sentinele (population estimée de 50 à 250) : c'est la
tribu la plus isolée de l'archipel, n'ayant aucun contact pacifique
avec l'extérieur et  repoussant tout étranger au moyen de flèches.
Ce sont des chasseurs-cueilleurs entièrement autonomes. Leur
territoire, l'île de Sentinel, semble avoir été relativement épargnée
par le tsunami et un certain nombre d'entre eux ont été vus après le
raz-de-marée.
• Les Shompen (population : 380) : cette tribu composée de
chasseurs-cueilleurs vit relativement isolée sur l'île de Grand
Nicobar, limitant ses contacts avec l'extérieur. Des survols de leur
territoire laissent penser que la forêt n'a subi que peu de dommages et
que la tribu aurait été plus au moins épargnée.
• Les Nicobarais (population : environ 30 000) : contrairement
aux autres tribus, les Nicobarais sont majoritairement des
horticulteurs sédentaires. La plupart d'entre eux se sont convertis au
christianisme et sont beaucoup plus assimilés que les autres tribus des
îles Andaman et Nicobar, tout en maintenant leur propre culture. Les
Nicobarese ont été beaucoup plus touchés. L'ensemble des 12 villages de
l'île de Car Nicobar a été englouti et il y aurait très peu de
survivants.

Remarque sur la terminologie : les peuples indigènes des îles Andaman
et Nicobar ne sont pas plus « primitifs » qu'ils ne vivent à « l'âge de
pierre ». Leur mode de vie n'est pas le même qu'il y a des milliers
d'années, leurs cultures sont, comme toutes les autres, en évolution
constante. Si leurs territoires et leurs ressources sont protégés, il
n'y a aucune raison pour que ces tribus ne continuent pas à vivre et à
prospérer.


Pour plus d'informations, contacter :
à Londres : Sophie Grig et Miriam Ross, chargées de campagne
pour Survival qui se rendent régulièrement dans les îles Andaman et qui
sont en contact avec nos représentants sur place.
Tél 00 44 20 76 87 87 34 mr@survival-international.org
à Paris : Magali Rubino
Tél 01 42 41 44 10 magali@survivalfrance.org