Les derniers Indiens isolés au sud de l'Amazonie entrent en contact avec l'extérieur

9 Mars 2004

Des enfants ayoreo-totobiegosode dans un camp des New Tribes Mission.
Des enfants ayoreo-totobiegosode dans un camp des New Tribes Mission.
©Jonathan Mazower/Survival

Au Paraguay, un groupe non encore contacté d'Indiens
ayoreo-totobiegosode du sud-amazonien, repoussé par la déforestation
massive de son territoire et la sécheresse, vient d'entrer en contact
avec le monde extérieur. Composé de 17 personnes (cinq hommes, sept
femmes et cinq enfants), le groupe est en bonne santé malgré des signes
de déshydratation. Des colons qui ont envahi leur territoire ont pris
le contrôle de leurs réserves d'eau pour leurs activités d'élevage, les
privant de tout accès pendant la période sèche. Ce groupe venait
d'établir un contact avec d'autres Ayoreo qui avaient prévu de fonder
une nouvelle communauté dans l'une des dernières forêts de la région.

Cela fait dix ans que les Ayoreo et leurs soutiens locaux et
internationaux tentent de préserver la région de l'invasion croissante
des colons. Aujourd'hui, les fermiers et les éleveurs qui occupent la
majeure partie de leur forêt, la détruisent massivement à l'aide de
bulldozers malgré les décisions de la Cour censées arrêter les
manœuvres. Selon les législations nationale et internationale, le
gouvernement du Paraguay aurait dû octroyer un territoire d'environ 550
000 hectares aux Indiens mais en l'espace d'une décennie, un quart
seulement de ces terres a été démarqué.  

Les Indiens ayoreo nouvellement contactés ont demandé un accès à l'eau
et l'arrêt des incursions sur leur territoire. Dans un message à
l'attention de l'opinion publique internationale, ils ont déclaré : "Ne touchez pas à la forêt car c'est elle qui nous donne la vie. Arrêtez les bulldozers!"

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : "Ce
nouveau contact devrait faire prendre conscience au gouvernement
paraguayen qu'il est maintenant urgent de protéger efficacement le
territoire des Indiens. C'est une question de survie pour ce groupe
extrêmement vulnérable aux maladies venues de l'extérieur. Le
gouvernement doit mettre un terme définitif aux activités illégales des
propriétaires terriens dans cette zone et accorder les titres de
propriété aux Indiens
."

Photos disponibles
Pour plus d'information, contacter :
Magali Rubino :  01 42 41 44 10 ou magali@survivalfrance.org