Assassinat d’un leader indien

14 Janvier 2003

Un homme guarani
Un homme guarani
© ©João Ripper/Survival

Marcos Veron, l'un des plus importants porte-parole des Indiens
guarani-kaiowá, originaires du Mato Grosso do Sul, vient d'être abattu
par des hommes armés. Marcos, qui avait 70 ans, est le troisième Indien
victime d'assassinat depuis le début de l'année. Il était le chef d'une
communauté qui lutte depuis une cinquantaine d'années pour récupérer sa
terre spoliée par des éleveurs de bétail.

Ces derniers mois, les membres de cette communauté s'étaient établis au
bord d'une route après leur expulsion, par la police et l'armée, d'une
partie de leur terre ancestrale qu'ils avaient tenté de réoccuper.

En 2000, Veron se rendit en Europe à l'occasion du lancement du rapport
de Survival sur la situation des Indiens du Brésil 'Dépossédés. Les
Indiens du Brésil' (paru en français dans Ethnies n° 28, Survival,
2001). Il témoigna alors : ‘Les propriétaires terriens tirent sur
nous, incendient nos maisons et tuent nos enfants. Ils essaient par
tous les moyens de nous faire disparaître… c'est pourquoi j'ai dû faire
tout ce chemin pour faire reconnaître nos droits.
' La perte de la
quasi totalité de leur territoire au bénéfice des éleveurs de bétail a
précipité une situation de crise au sein de la société guarani-kaiowá
qui aujourd'hui présente le plus haut taux de suicide du monde.

Durant la brève période de réoccupation de sa terre ancestrale, Veron avait déclaré : 'Là est toute ma vie, là se trouve mon âme. Si vous me privez de cette terre, vous me prenez ma vie.'

Stephen Corry, directeur général de Survival a exprimé sa vive préoccupation devant ce nouvel assassinat : 'Les
paroles prophétiques de Marcos se sont tragiquement révélées exactes.
La situation catastrophique des Guarani-Kaiowá et de nombre d'autres
tribus indiennes du Brésil est le dossier le plus urgent que doit
traiter le président Lula, nouvellement élu
.'