La destruction planifiée des Bushmen

29 Janvier 2002

Un aîné bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
Un aîné bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
©Stephen Corry/Survival

Le gouvernement du Botswana est déterminé à sacrifier les dernières
communautés bushmen subsistant encore dans la Réserve du Kalahari
central. Il supprime cette semaine l'approvisionnement en eau des
communautés dans le but de forcer les Bushmen Gana et Gwi à quitter les
terres qu'ils occupent depuis plus de 20 000 ans. Survival
International, le mouvement mondial de soutien aux peuples indigènes,
condamne énergiquement cette décision qui met en danger la survie de
ces peuples.

Depuis une quinzaine d'années, les autorités botswanaises tentent par
tous les moyens (harcèlement, persécutions…) d'expulser les Bushmen
Gana et Gwi de leurs terres ancestrales bien que, dans les années 1960,
celles-ci aient été protégées à leur intention par la création d'une
réserve. Des Bushmen ont été torturés simplement parce qu'ils y
chassaient, leurs maisons ont été rasées au bulldozer, et nombre
d'entre eux ont été déportés dans de sinistres camps de relogement où,
ne pouvant plus exercer leurs activités traditionnelles comme la chasse
et la cueillette, ils dépendent des subsides gouvernementaux. L'ennui,
l'alcoolisme et le désespoir règnent dans ces camps qui sont décrits
par certains d'entre eux comme des ‘camps de la mort'.

Les quelques Bushmen qui ont résisté à ces persécutions ont pu demeurer
chez eux ‘près des tombes de leurs ancêtres'. Mais les autorités
viennent d'annoncer que le service d'approvisionnement en eau serait
interrompu à partir du 31 janvier pour des raisons économiques. Or ce
service ne coûte que 2 dollars par semaine et par personne à un pays
devenu riche – le Botswana – désormais premier producteur de diamants
au monde. L'Union européenne a même proposé de financer ce service,
offre restée sans réponse de la part du gouvernement botswanais.

De nombreux observateurs pensent que la détermination du gouvernement
est guidée par l'extraordinaire potentiel minier et touristique de la
région et par sa vision raciste des Bushmen qu'un haut fonctionnaire a
récemment qualifiés de ‘créatures primitives' vivant encore ‘à l'âge de
pierre'. Stephen Corry, directeur général de Survival a déclaré : ‘Depuis
maintenant 16 ans, le gouvernement botswanais persécute sans relâche
les Bushmen Gana et Gwi. Cette dernière mesure – l'arrêt de
l'approvisionnement en eau – risque de les faire disparaître
définitivement. Il est du devoir de la communauté internationale de
s'interposer pour prévenir ce crime raciste contre l'humanité
'.

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