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| Enfant bushman, Botswana.
©Fiona Watson/Survival |
Le gouvernement botswanais vient d'abandonner à leur sort les familles
bushmen gana et gwi du désert de la réserve du Kalahari central en les
privant d'eau pour les forcer à quitter leurs terres ancestrales. Parmi
les 700 Bushmen qui ont pu résister à la pression de ces dernières
semaines, nombreux sont ceux qui ont dû quitter la réserve depuis le
début du mois.
Les Gana et les Gwi vivent sur les terres dont fait partie la réserve
depuis plus de 20 000 ans. Selon le droit international, cette terre
leur appartient. Or, depuis une quinzaine d'années, les autorités
botswanaises tentent par tous les moyens (harcèlement, persécutions…)
de les expulser pour les déporter dans de sinistres camps de relogement
où, ne pouvant plus exercer leurs activités traditionnelles comme la
chasse et la cueillette, ils dépendent des subsides gouvernementaux.
L'ennui, l'alcoolisme et le désespoir règnent dans ces camps qui sont
décrits par certains d'entre eux comme des camps de la mort'.
Ces dernières semaines, des centaines de Bushmen ont été transportés en
camion dans ces camps contre leur gré. Un certain nombre d'entre eux
est déterminé à rester dans la réserve malgré les menaces. Un
porte-parole bushman a déclaré hier : Les gens n'ont maintenant plus aucun espoir, ils ne savent pas quoi faire ni où aller.'
Le gouvernement prétend qu'il ne peut plus assurer l'approvisionnement
en eau pour des raisons financières. Or celui-ci ne coûte que 3$ par
personne et par semaine et le Botswana, le plus grand exportateur de
diamants au monde, peut facilement en assumer les coûts. De plus
l'Union européenne a proposé de prendre en charge l'approvisionnement
en eau dans le cadre d'une large contribution financière aux parcs
nationaux botswanais. Le Botswana a jusqu'alors ignoré cette
proposition.
De nombreux observateurs pensent que la détermination du gouvernement
n'est guidée que par I'extraordinaire potentiel minier et touristique
de la région et par sa vision raciste des Bushmen que le président du
Botswana lui-même a qualifiés de créatures primitives' vivant encore à
l'âge de pierre'.
Stephen Corry, directeur général de Survival condamne énergiquement cette dernière opération du Botswana : Le
gouvernement botswanais tente maintenant d'éliminer les Bushmen gana et
gwi. Les priver d'eau signifie en clair les forcer à accepter de vivre
comme des clochards dans ces camps où leur mode de vie traditionnel
n'est plus possible. Cela représente à mes yeux le crime le plus
important commis à l'encontre des Bushmen depuis des décennies. Mais il
peut et doit être stoppé.'
NB : Nous avons volontairement supprimé de I'orthographe des noms
propres G//ana et G/wi les symboles phonétiques des clicks' / et //
(consonnes inspirées) difficilement compréhensibles.