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| Femme bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
©Stephen Corry/Survival |
Le gouvernement du Botswana vient de priver les derniers Bushmen gana
et gwi demeurant encore dans la réserve du Kalahari central de leur
unique moyen de communication avec l'extérieur et d'interdire tout
ravitaillement en eau et en nourriture.
Les fonctionnaires botswanais ont confisqué les postes radio
émetteurs-récepteurs solaires que Survival avait fournis aux
communautés bushmen. Ils ont également interdit l'accès de leur terre
ancestrale à deux représentants bushmen apportant eau et nourriture aux
communautés assiégées auxquelles le gouvernement a coupé
l'approvisionnement en eau la semaine dernière. Ces deux représentants
ont finalement été autorisés à distribuer les vivres, mais il leur a
été signifié qu'ils devraient désormais posséder une autorisation
spéciale ou s'acquitter d'un droit d'entrer dans leur propre réserve.
La réserve du Kalahari, dont une grande partie constitue le territoire
ancestral des Bushmen, avait été établie dans les années 1960 comme un
refuge pour eux. Mais depuis le début des années 1980, le gouvernement
botswanais mène à leur encontre une vigoureuse campagne de harcèlement
pour les contraindre à quitter leur terre qui, selon le droit
international, leur appartient. Ces dernières semaines, la plupart des
700 Bushmen qui avaient pu résister à ces persécutions ont été forcés
de partir; et aujourd'hui, avec la suppression totale de l'eau,
l'objectif du gouvernement est de détruire les dernières poches de
résistance. L'unique pompe à eau a été démontée et emportée, les
réserves d'eau saccagées. Apparemment il ne resterait ni eau ni
nourriture dans la réserve. En leur confisquant leurs émetteurs radio
et en leur interdisant le contact avec d'autres Bushmen, le
gouvernement laisse les quelques familles réfractaires de la réserve
dans un isolement complet les exposant à la soif et à la famine.
Le gouvernement botswanais prétend que le coût de l'approvisionnement
en eau et des autres services (sociaux, sanitaires…) aux Bushmen dans
la réserve, soit 3 dollars par jour et par personne, est trop élevé,
alors qu'il a ignoré une offre de financement de l'Union européenne. La
détermination du gouvernement n'est en fait guidée que par
l'extraordinaire potentiel minier et touristique de la région et par sa
vision raciste des Bushmen que des membres du gouvernement qualifient
de créatures primitives' vivant encore à l'âge de pierre'.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré : Les
empêcher de chasser, les torturer et poursuivre les victimes en
justice, leur supprimer l'eau, leur confisquer leurs moyens de
communication, leur interdire l'accès à leur propre territoire… Il
s'agit de l'offensive concertée et planifiée la plus grave à laquelle
aient jamais été confrontés les Bushmen gana et gwi. Selon toute
vraisemblance, le gouvernement se réfugie une fois de plus derrière le
mensonge évident que tout cela est au bénéfice des Bushmen. "
Face à cette situation, Survival continue sa pression sur les autorités
botswanaises et la renforce par une campagne de publicité
internationale qu'elle a lancée le 2 mars en Australie, dans le
Brisbane Courier-Mail à l'occasion de la venue du président botswanais
à la réunion des chefs de gouvernements du Commonwealth.
NB : Nous avons volontairement supprimé de I'orthographe des noms
propres G//ana et G/wi les symboles phonétiques des clicks' / et //
(consonnes inspirées) difficilement compréhensibles.