![]() |
| Un aîné bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
©Stephen Corry/Survival |
Une délégation de députés britanniques a participé à une visite au
Botswana organisée et financée par le gouvernement botswanais. Les
Bushmen, expulsés de leur terre ancestrale et dont la situation devait
être examinée, ont dénoncé cette visite comme une opération "contrôlée
par le gouvernement".
La plupart des députés n'ont passé que quelques heures à discuter avec
les Bushmen dans l'un des camps de relocalisation et la majorité de
leurs interlocuteurs avaient été désignés par le gouvernement. D'autres
Bushmen ont tenté de leur dire qu'ils voulaient retourner sur leur
terre ancestrale mais ils n'ont pu s'adresser aux députés. Ces derniers
n'ont même pas essayé de rencontrer quelques uns des centaines de
Bushmen qui sont retournés sur leurs terres dans la Réserve du Kalahari.
Cette visite était organisée par la prestigieuse compagnie de relations
publiques Hill & Knowlton, spécialement recrutée par le
gouvernement du Botswana et De Beers pour contrer la campagne de
Survival. Cette visite fait suite à de nombreuses autres, toujours
menées par le député Nigel Jones qui préside un groupe, composé de
parlementaires de tous bords, sur le Botswana créé et géré par Hill
& Knowlton. Ces voyages sont financés par les revenus du diamant au
Botswana, contrôlés par De Beers, et incluent de luxueux safaris.
Nigel Jones a déclaré à la BBC la semaine dernière qu'ils avaient
seulement rencontré "une ou deux personnes insatisfaites". Quand le
journaliste lui a fait remarquer que les Bushmen dénonçaient un
"immense bouleversement social", il a répliqué "Et bien, nous n'avons
rien remarqué de tel" et a ajouté "Le gouvernement s'est montré bien
généreux". Monsieur Jones a précédemment accusé les sympathisants des
Bushmen de "préférer voir les femmes Basarwa mourir en couches dans la
brousse" et "les gens mourir de maladies communes" (le terme péjoratif
de Basarwa désignant les Bushmen au Botswana).
Pourtant, tous les députés ne se sont pas laissés abuser. Dianne Abbott
a déclaré au Sunday Telegraph que les camps de relocalisation
ressemblaient "plus à des camps de réfugiés qu'à des communautés… Je suis quasiment certaine qu'ils ont été déplacés contre leur volonté".
Le président Mogae a visité l'un de ces camps, il y a seulement deux
semaines, et a distribué aux Bushmen de la nourriture et des
couvertures, leur recommandant de ne pas tenter de rentrer sur leurs
terres et passant outre le fait que les Bushmen aient engagé une action
en justice contre son gouvernement afin de retourner dans la Réserve du
Kalahari.
Avant leur expulsion du Kalahari, les Gana et les Gwi vivaient en
grande partie de chasse et de cueillette. Ils sont maintenant
dépendants des aides gouvernementales. Ils appellent les camps où ils
sont parqués "des lieux de mort", expliquant qu'ils n'ont rien à faire
à part s'enivrer. Ils sont arrêtés s'ils tentent de chasser et la
prostitution se développe.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui "Pour
un président diplômé d'Oxford, distribuer des couvertures aux Bushmen
en leur disant de ne pas retourner sur leur terre ressemble fort à
"l'achat" par les Britanniques, en 1850, de terres aux Indiens du
Canada en échange de 700 couvertures. Les députés britanniques étaient
alors complices de cet infâme troc et aujourd'hui, certains font de
même dans le Kalahari. Ces deux faits couvrent de honte la
Grande-Bretagne. N'avons-nous rien retenu de l'Histoire?".
Pour plus d'information, contacter :
Magali Rubino : 01 42 41 44 10 ou magali@survivalfrance.org