![]() |
| Femmes bushmen, Namibia.
©Mark Håkansson/Survival |
Les autorités botswanaises poursuivent en justice 13 Bushmen gana et
gwi pour 'avoir chassé sans permis' après qu'ils aient été torturés par
des garde-forestiers. Ces persécutions représentent une nouvelle étape
dans la volonté du gouvernement d'expulser les Bushmen de leur terre
ancestrale, la réserve du Kalahari central.
Le procès des treize chasseurs, tous issus du même village, Molapo,
s'ouvre aujourd'hui dans la ville de Lethlakane. Les témoignages
recueillis auprès des Bushmen par les représentants de Survival sur le
terrain décrivent l'arrivée des fonctionnaires dans leur village en
août 2000 et les tortures et les violences qu'ils leur ont infligées
durant 6 jours : certains furent attachés à un arbre auquel il avait
été mis le feu, d'autres à l'avant du véhicule des fonctionnaires et
battus durant trois jours.
Bien qu'ils vivent de chasse et de cueillette sur ce même territoire
depuis plus de 20 000 ans, les autorités exigent que les Bushmen
ossèdent un permis de chasse au même titre que les touristes et
restreignent leur quota de chasse à quelques antilopes par an et par
chasseur alors qu'ils doivent subvenir aux besoins de familles
nombreuses. L'objectif du gouvernement, dont le Président décrit les
Gana et les Gwi comme des 'créatures de l'âge de pierre', est de rendre
impossible leur mode de vie de chasseurs afin de les contraindre à
quitter la réserve pour s'établir dans de sinistres camps de
'relocalisation'.
Les Bushmen encourent une peine d'emprisonnement de 5 ans.
Stephen Corry, directeur de Survival International a déclaré : 'Ce
sont les accusateurs eux-mêmes qui sont coupables devant le droit
international et l'opinion publique. C'est le gouvernement du Botswana,
coupable de violations de droits humains qui devrait se trouver dans le
box des accusés et non les Bushmen, battus et torturés. Cette politique
raciste à l'égard des Bushmen doit cesser immédiatement et leurs terres
doivent leur être restituées'.
NB : Nous avons volontairement supprimé de l'orthographe des noms
propres G//ana et G//wi les symboles phonétiques des 'clicks' / et //
(consonnes inspirées) difficilement compréhensibles.