La violation des droits des Bushmen s’intensifie

10 Août 2004

Femme bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
Femme bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
©Stephen Corry/Survival

Sept chasseurs bushmen ont été arrêtés au Botswana le 15 juillet
dernier.  Détenus pendant deux semaines sans jugement, ils ont été
libérés en attendant leur comparution.  Ils seront
vraisemblablement condamnés à une amende, qu'ils ne seront pas capables
de payer, ou à une peine d'emprisonnement.  L'un de ces hommes est
âgé de près de 70 ans.

Ils ont été appréhendés non loin du camp de New Xade, au moment même où
les magistrats de la Haute Cour du Botswana y entendaient les
témoignages relatifs au procès intenté par les Bushmen contre le
gouvernement qu'ils accusent de les avoir expulsés de leurs terres
ancestrales de la Réserve centrale du Kalahari.

Le procès n'a pas empêché les autorités d'augmenter la pression exercée
sur les Bushmen afin qu'ils abandonnent leurs terres et leur mode de
vie. Ces arrestations sont les dernières d'une longue série de 
harcèlements que subissent, depuis plusieurs années,  les Bushmen
qui sont arrêtés et souvent torturés pour avoir continué à pratiquer
leur chasse traditionnelle.

Les sept hommes sont accusés d'avoir chassé l'antilope gemsbock (ou
oryx) à l'intérieur de la réserve, leur terre ancestrale. Ces antilopes
sont abondantes dans la région et ne sont pas une espèce protégée.
Elles constituent l'une des principales sources d'alimentation des
Bushmen.

Un leader bushman a déclaré à Survival : "Si le gouvernement arrête et
emprisonne les Bushmen maintenant, cela signifie qu'il bafoue la
justice et ne prend pas le procès au sérieux
."

Il s'agit du dernier incident depuis l'intensification, par les
autorités, des persécutions à l'encontre des  chasseurs bushmen
qui recherchent désespérément de la nourriture pour leurs familles
déportées dans les sites de relocalisation, où elles sont complètement
dépendantes de l'assistance du gouvernement. Un témoin bushman, Motsoko
Ramahoko, a déclaré à la Cour que les gens du site de Kaudwane ont dû
manger des chiens parce qu'ils n'avaient pas de nourriture.

Le gouvernement du Botswana a expulsé la plupart des Bushmen de la
réserve en 1997 et 2002. Quelque 200 d'entre eux y vivent en dépit du
fait que le gouvernement leur a coupé l'approvisionnement en eau. Les
autres vivent dans deux camps qu'ils appellent ¨lieux de mort¨. 
Un témoin bushman a déclaré à la Cour qu'il préférait mourir que vivre
dans ces camps de relocalisation.


Pour plus d'information, contacter :
Magali Rubino :  01 42 41 44 10 ou magali@survivalfrance.org