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| Enfants bushmen, Namibie.
©Mark Håkansson/Survival |
Dans la bataille juridique qui oppose les Bushmen
du Kalahari au
gouvernement botswanais, le contre-interrogatoire d'un témoin capital a
montré que les raisons invoquées par les autorités concernant
l'expulsion des Bushmen étaient fausses.
Jan Broekhuis, directeur adjoint en charge de la Réserve du Kalahari
central, a admis ne pas avoir eu connaisance d'une proposition, faite
par les Bushmen en 2001, de gérer eux-mêmes leur approvisionnement en
eau, sans aucun coût pour le gouvernement. Il a déclaré que la
politique officielle était de ne pas fournir d'eau à l'intérieur de la
Réserve, alors que le gouvernement soutient qu'il a expulsé les Bushmen
parce qu'il était trop onéreux' de leur fournir de l'eau.
Lors du contre-interrogatoire, Broekhuis a également reconnu que
les données qu'il a recueillies sur le déclin de la faune sauvage dans
la Réserve
n'étaient pas dignes de confiance. Le gouvernement prétend que la
présence des Bushmen dans la réserve a un effet négatif sur les animaux
sauvages, alors que plusieurs études indépendantes montrent que la
faune a doublé ces dix dernières années.
Le gouvernement affirme aussi avoir expulsé les Bushmen de leur terre
afin de leur apporter le développement'. Mais les avocats des Bushmen
ont attiré l'attention de Jan Broekhuis sur un rapport présenté au
gouvernement en 1999 montrant que les Bushmen relocalisés dans le camp
de New Xade en 1997 étaient confrontés à la famine en raison de la
pauvreté des territoires
de chasse dont ils disposaient et de l'insuffisance des rations
alimentaires et qu'ils étaient de plus en proie à l'alcoolisme. 18 mois
seulement après la publication de ce rapport, le gouvernement déportait
plusieurs centaines d'autres Bushmen vers New Xade.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : Alors
que le gouvernement du Botswana se bat pour justifier les
incohérences de sa politique de relocalisation', les conditions de vie
des Bushmen expulsés se dégradent de jour en jour. Le gouvernement est
en train de perdre le peu de crédibilité qui lui reste. Il doit cesser
d'opprimer les Bushmen et les laisser rentrer chez eux, ce qui
permettrait de sauver à la fois les Bushmen et l'image du Botswana dans
le monde'.
Pour plus d'informations
Magali Rubino, 01 42 41 44 10 / magali@survivalfrance.org