Les promesses non tenues de Lula vis-à-vis des Indiens provoquent une flambée de violences au Brésil

15 Avril 2004

L'Amazonie brésilienne a connu la semaine dernière une flambée de violence
au cours de laquelle Indiens et chercheurs de diamants ont trouvé la mort.

Malgré les fermes engagements pris pendant sa campagne électorale en
faveur de la démarcation des terres indiennes et de la défense de leurs
droits, le président Lula ne s'est pas attaqué aux principales
questions indiennes qui
entraînent de violents conflits à travers le pays. Un grand mouvement
de contestation auprès du Congrès est prévu aujourd'hui 19 avril, date
de la "journée annuelle de l'Indien" au Brésil. Plusieurs centaines de
représentants indigènes se sont dirigés vers Brasilia afin de protester
contre la politique actuelle du gouvernement.

De violents affrontements ont eu lieu la semaine dernière entre les Indiens
Cinta Larga et des chercheurs de diamants qui avaient pénétré illégalement
dans leur réserve en Amazonie occidentale. Des mineurs qui avaient tué
plusieurs Cinta Larga l'an dernier sont retournés dans la réserve et les
affrontements avec les Indiens qui défendaient leurs terres ont fait au moins trois victimes parmi les chercheurs de diamants.

En représailles, un Indien cinta larga a été exhibé le 10 avril dernier,
attaché par des mineurs à un arbre dans les rues de la ville minière de
Espigao do Oeste et lapidé durant plusieurs heures. Il aurait certainement
été lynché à mort sans l'intervention de la police. Depuis qu'une mine a été
illégalement ouverte en 2001, des jeunes filles cinta larga, âgées parfois
de seulement 14 ans, ont été poussées à la prostitution par des mineurs et
de nombreux Indiens ont été attaqués et menacés.

La majorité des Indiens du Brésil partagent ces conditions de vie
difficiles. Dans le nord de l'Amazonie, le gouvernement repousse sans
cesse la démarcation du territoire de Raposa-Serra do Sol où vivent
plus de 12 000 Indiens. Encouragés par les politiciens locaux, colons
et fermiers ont envahi la région. Ces 15 dernières années, au moins 12
Indiens makuxi ont été assassinés par des fermiers. Alors que le
gouvernement a insinué qu'il pourrait réduire la superficie de la
future réserve afin d'en octroyer une partie aux colons, la situation
reste très tendue.

Au sud, dans l'Etat du Mato Grosso, les Guarani tentent désespérément
de reconquérir leurs terres. Leur situation territoriale est telle que
plusieurs communautés vivent sur le bord des routes, sans terre ni
aucun espoir pour leur avenir. Ils souffrent de sévère malnutrition et
une vague de suicides sévit actuellement parmi les enfants, parfois
âgés de seulement neuf ans.


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