Un universitaire accusé d'avoir dénoncé l'absence de démocratie du régime botswanais est sur le point d'être expulsé du pays. Après le rejet, hier, de l'appel contre son expulsion, il a été emmené par des policiers en civil.
Dans un article publié en début d'année, le professeur Ken Good, de nationalité australienne, qui enseigne les sciences politiques à l'Université du Botswana depuis 15 ans, critiquait le mode de recrutement des présidents au Botswana toujours désignés par leurs prédécesseurs plutôt que d'être élus démocratiquement.
Peu de temps avant la présentation publique de cet article, le président Mogae ordonnait l'expulsion de Ken Good. C'est l'appel de cette décision qui a été rejeté hier. Le gouvernement a qualifié l'universitaire de menace contre la sécurité nationale' mais n'a jamais justifié ses déclarations.
Ken Good a également vigoureusement critiqué la politique gouvernementale d'expulsion des Bushmen de la Réserve du Kalahari qu'il qualifie de répressive'. Dans un récent article, il affirmait : L'expulsion, la relocalisation et la dépossession sont pour eux [les Bushmen] des épreuves continuelles… La subordination des San [Bushmen] a été entreprise par l'élite tswana au pouvoir et les faiblesses de la démocratie ont par la suite… facilité sa perpétuation… La démocratie au Botswana sera en péril tant que règnera la misère'.
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