Bianca Jagger soutient les peuples indigènes

13 Juin 2005

Bianca Jagger a apporté son soutien à une nouvelle campagne de Survival
incitant les gouvernements à ratifier le principal texte international
concernant les droits des peuples indigènes.  Invitée le 13 juin
dernier à la réunion du Right Livelihood Award (connu comme le ‘prix
Nobel alternatif') à Salzburg, en Autriche, Bianca Jagger a déclaré :
‘La plupart de nos ex-colonies ont mené des politiques qui ont eu pour
conséquence l'extermination de millions d'indigènes. Ces Etats
continuent de les marginaliser en refusant d'adopter le texte le plus
important concernant leur protection. Il est temps aujourd'hui d'agir
concrètement. J'invite tous les Etats à ratifier sans plus attendre la
Convention 169 de l'Organisation internationale du Travail (OIT)'.

Depuis son adoption, en 1989, la plupart des gouvernements ont ignoré cet
instrument essentiel qui est le seul texte international protégeant les
droits des ‘peuples indigènes et tribaux'. On constate même
actuellement  la volonté chez certains gouvernements de contester
l'existence de droits collectifs, privilégiant le caractère individuel
des droits de l'homme. Ces positions sont pour le moment largement
ignorées du grand public ou des médias. Survival lance une campagne de
mobilisation de l'opinion publique internationale visant à exhorter les
gouvernements à reconnaître la notion de droits collectifs et en
particulier à ratifier la Convention 169 de l'OIT concernant les
peuples indigènes et tribaux.

La Convention 169 reconnaît aux peuples indigènes ‘les droit de propriété et
de possession sur les terres qu'ils occupent traditionnellement'. Cela est
primordial pour leur survie, aujourd'hui encore dans de nombreuses régions
du monde, des peuples sont expulsés de leurs terres pour laisser place à
l'exploitation minière ou pétrolière, à l'élevage,  aux barrages
ou au tourisme. Au Botswana, par exemple,  les Bushmen de la
Réserve du Kalahari n'auraient jamais pu être expulsés de leurs terres
et parqués dans de sinistres camps de relocalisation, des ‘lieux de
mort', si la Convention avait été appliquée.

La Convention garantit également le droit des peuples indigènes à ‘décider
de leurs propres priorités en ce qui concerne le processus du développement,
dans la mesure où celui-ci a une incidence sur leur vie, leurs croyances,
leurs institutions et leur bien-être spirituel et les terres qu'ils
occupent'. Point crucial, il leur est également reconnu le droit de
‘participer à l'élaboration, à la mise en œuvre et à l'évaluation des
plans et programmes de développement national et régional susceptibles
de les toucher directement'. Les habitants de l'Amazonie équatorienne
sont, par exemple, victimes de l'invasion des compagnies pétrolières
qui depuis des dizaines d'années ont détruit et pollué la majeure
partie de leurs forêts.

En Europe, seuls le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège ont ratifié la
Convention 169. Interrogé sur les raisons qui s'opposaient à la
ratification de la Convention par le Royaume Uni, le gouvernement
britannique a rétorqué que la question n'était pas pertinente, le pays
ne comptant pas de peuples indigènes. Pourtant, le Royaume-Uni finance
de nombreux projets dans des
régions indigènes du monde entier et de nombreuses compagnies
britanniques y sont actives. Si la seule raison pour un pays de ne pas
ratifier la
Convention est l'absence de peuples indigènes sur son sol, alors cela
ne coûte rien de le faire. La France n'a pas non plus ratifié la
Convention alors que des peuples indigènes vivent sur son sol. L'enjeu
n'y est ‘apparemment' pas le même, les droits collectifs n'étant pas
inscrits dans la Constitution, le principe d'égalité devant la loi
empêche l'existence juridique de peuples autochtones bénéficiant de
droits spécifiques et notamment collectifs.

Pour obtenir plus d'informations
Magali Rubino 01 42 41 44 10
magali@survivalfrance.org