Démantèlement d'une milice privée accusée d'assassinat d'Indiens guarani

"Gaspem est accusée du meurtre d'au moins deux leaders guarani, dont Nisio Gomes."
"Gaspem est accusée du meurtre d'au moins deux leaders guarani, dont Nisio Gomes."

© Survival International

Des procureurs publics brésiliens ont appelé au démantèlement de Gaspem, une compagnie de sécurité de triste notoriété, accusée d’avoir mené l’an dernier au moins huit attaques brutales envers des communautés guarani et d’avoir tué au moins deux de leurs leaders.

Des fermiers auraient versé à la compagnie la somme de 30 000 reais (environ 10 000 €) pour chaque expulsion violente des Indiens guarani de leurs terres ancestrales, aujourd’hui occupées par des fermes et des plantations de canne à sucre.

Les procureurs ont qualifié la compagnie de ‘milice privée, un groupe organisé qui fait usage de la violence contre les Guarani du sud de l’Etat du Mato Grosso do Sul en recrutant des hommes brutaux dits ‘gardes de sécurité’’. Ils ont appelé au démantèlement de la compagnie et au versement par celle-ci d’une indemnité de 480 000 reais (environ 150 000 €) aux Guarani.

"Les procureurs appellent au démantèlement de Gaspem et au versement par celle-ci d'une indemnité d'environ 150 000 € aux Guarani."
"Les procureurs appellent au démantèlement de Gaspem et au versement par celle-ci d'une indemnité d'environ 150 000 € aux Guarani."

© Survival International

Les Indiens ont rapporté que les employés de Gaspem, connus localement sous le nom de ‘pistoleiros’ (hommes de main armés), ont constamment menacé de mort les Guarani de la communauté de Apy Ka’y, dont le campement en bord de route a récemment été dévasté par l’incendie d’une plantation de canne à sucre empiétant sur leur territoire. Les pistoleiros surveillent les Indiens nuit et jour dans une jeep aux vitres teintées et tirent régulièrement des coups de feu en direction de leur campement.

Damania Cavanha, leader de la communauté, a déclaré la semaine dernière : ‘Les hommes de main m’ont dit qu’ils nous tueraient tous. Mais je continuerai à me battre pour notre territoire ancestral’.

Gaspem est sous le coup d’une enquête suite à son éventuelle implication dans l’incendie de Apy Ka’y en 2009 et pour avoir agressé des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants guarani au cours de leurs tentatives désespérées de retourner sur leurs territoires, résolus à ne plus tolérer les conditions de vie misérables dans leurs campements de fortune au bord des routes ou dans des réserves surpeuplées.

Aurelino Arce, le propriétaire de la compagnie de sécurité, a été arrêté l’an dernier pour le meurtre de Nísio Gomes, leader guarani de la communauté de Guaviry.

Les enquêtes des procureurs ont permis d’établir que Gaspem avait employé des gardes de sécurité sans aucune formation et que ses employés portaient des armes en toute illégalité.