Le gouvernement durcit sa position vis-à-vis des Bushmen

22 Août 2005

Un aîné bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
Un aîné bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
©Stephen Corry/Survival

Le gouvernement du Botswana vient de lancer une violente offensive à
l'encontre des Bushmen du Kalahari central destinée à détruire leur
mode de vie. Cette attitude survient malgré la reprise du procès que
les Bushmen ont intenté depuis trois ans au gouvernement pour les avoir
expulsés de leurs terres ancestrales de la Réserve du Kalahari central.

Le gouvernement a annoncé qu'il plaçait des gardes autour de la Réserve pour fermer la zone et en interdire l'accès aux Bushmen.

Des Bushmen ont à nouveau été poursuivis parce qu'ils avaient chassé
pour nourrir leurs familles. Ainsi, au cours du mois, Xhatshoe Xhose,
Maiteko Digotlhong et Gothata Digotlhong ont été arrêtés.

Les fonctionnaires du Département de la Faune et de la Flore ont
empêché les avocats des Bushmen de pénétrer dans la Réserve pour
consulter leurs clients, malgré l'autorisation formelle de la Haute
Cour.

Les autorités radiophoniques ont refusé de renouveler les licences
accordées aux Bushmen de la Réserve qui utilisent des
émetteurs-récepteurs pour communiquer entre communautés et pouvoir
demander de l'aide,  médicale ou autre, en cas d'urgence.

Les gardes forestiers ont été jusqu'à démanteler la propre organisation
des Bushmen, First People of Kalahari, en influençant les membres
résidant dans la Réserve.

Le gouvernement est sur le point de modifier la Constitution du pays en
supprimant les mesures en vigueur de protection des Bushmen.

Selelo Tshiamo, l'un des Bushmen gravement torturés en juin dernier est
mort au début du mois. Il avait été frappé à plusieurs reprises sur la
poitrine au point de cracher du sang. Ses douleurs se sont aggravées
ces dernières semaines jusqu'à ce qu'il succombe à ses blessures.

Tous ces faits constituent la plus grave offensive sur les droits des Bushmen depuis leur expulsion en 2002.

De récentes enquêtes montrent que le sida se répand dangereusement
parmi les Bushmen parqués contre leur volonté dans les camps de
relocalisation. Au moins 37 d'entre eux ont été contaminés dans un seul
camp. De plus, alcoolisme et prostitution y sévissent en dehors de tout
contrôle.

Le journaliste Sandy Gall avait assisté en 1998 à l'expulsion de Bushmen de la Réserve. Il déplore aujourd'hui : ‘Les
derniers chasseurs du monde sont désormais au bord de l'extinction,
seul le soutien international peut les sauver. Si l'opinion publique ne
se mobilise pas ce sera trop tard et notre monde du XXIe siècle
ajoutera les Bushmen gana et gwi à la longue liste des peuples
indigènes qui ont été décimés par le racisme et la convoitise.
N'avons-nous absolument rien appris ? Allons-nous réellement permettre
qu'un autre gouvernement extermine ses peuples indigènes ?
'