La torture de Gaseitsiwe Gaorapelwe
Gaseitsiwe Gaorapelwe, un Bushman, a raconté à un représentant de
Survival comment il avait été torturé par des gardes forestiers en août
2000 pour avoir chassé. Du fait de la qualité médiocre de
l'enregistrement (avec parfois un grand bruit de vent), nous donnons
ci-dessous un résumé abrégé de son histoire. M. Gaorapelwe a été
expulsé par deux fois de sa communauté dans la Réserve naturelle du
Kalahari central. Il est mort dans un camp de relocalisation en 2006.
27 min.
« Lorsque les gardes forestiers arrivèrent, ils me demandèrent mon permis. Je le sortis et le tendis à l'un d'eux. Il entra dans ma case et la fouilla, puis il me demanda d'entrer à mon tour. Je lui demandai pourquoi et essayai de résister. Deux hommes me traînèrent à l'intérieur. Ils firent cela car ils avaient trouvé trois paquets de viande d'antilope séchée et 6 chasse-mouches que je m'étais procuré auprès de chasseurs d'antilope. J'ai essayé de leur dire que je les avais achetés pour m'en servir.
« Ensuite ils m'ont demandé d'ouvrir une autre case. Je leur ai dit : Cela n'a rien à voir avec moi. Pourquoi devrais-je ouvrir cette case ?' Soudain l'un d'eux me cogna et me fit tomber et quatre autres me prirent par les bras et les pieds et me jetèrent dans la seconde case. Dans cette case j'avais des barils remplis de haricots de la dernière récolte. Je me suis évanoui et pendant que j'étais à terre ils renversèrent les barils pour chercher de la viande. Ensuite ils me traînèrent dans la troisième case. Trois hommes me portaient pendant que le quatrième me donnait des coups de pied en allant vers la troisième case. Ils me jetèrent dedans et comme ils ne trouvèrent rien ils me traînèrent dans la quatrième. J'étais à moitié évanoui ne sachant ce qui se passait.
« N'ayant pas réussi à trouver de la viande dans la quatrième case, ils me conduisirent vers un véhicule, prirent les bandes de leurs épaulettes pour m'attacher les mains derrière le dos et me jetèrent dans la Land Rover. Pendant que j'étais étendu sur le plancher, l'un d'entre eux sauta sur mon dos avec ses bottes. Ma fille pleurait et pleurait pensant que l'on était en train de me tuer. Elle avait un bébé de 10 mois et les gardes les jetèrent tous deux au sol. La jambe de mon pantalon était déchirée, je n'avais rien pour couvrir ma nudité, pas de sous-vêtements, et j'avais honte devant mes enfants.
« Ma femme aussi pleurait car elle me voyait dénudé devant mes enfants. On la poussa et la traîna par les pieds de telle sorte qu'elle fut dénudée elle aussi. L'un des gardes monta dans le véhicule prit un fusil et le pointa sur moi. Ma mère pleurait et ils la poussèrent, la giflèrent et lorsqu'elle se releva ils la firent tomber de nouveau. Mon oncle courut chercher un fusil car il craignait que les gardes ne tirent dessus et il leur a demandé s'ils avaient trouvé un lion à abattre avec leur fusil, alors ils traînèrent aussi mon oncle dans la Land Rover
« Mon plus jeune frère et son amie avaient honte de me voir ainsi nu et coururent dans la case pour me chercher un autre pantalon. Les gardes nous amenèrent dans un lieu près de Molapo où nous avons campé durant 6 jours. Ils nous firent ramasser du bois et nettoyer la place où nous allions dormir. Ils nous demandèrent de nous aligner nus devant les Land Rover.
Nous restâmes attachés tête-bêche et par les mains aux pare-chocs des voitures jusqu'à 10 heures du soir.
« Les deux premiers jours, nous avons dormi attachés aux pare-chocs. Le troisième jour, nous avons été libérés et avons dormi dans une tente. Je me sentais très mal et je cherchais quelqu'un qui puisse m'aider. Je pensais que j'arrivais à la fin de ma vie. Qui s'occuperait de mes enfants ? Ce que les employés du gouvernement faisaient indiquait clairement qu'ils voulaient me tuer. J'étais très malade ce jour-là, mes bras étaient enflés et tout mon corps était endolori. Je ne pouvais plus manger. Ils nous donnèrent de la viande mais j'avais si mal à la gorge que je n'arrivais à avaler que de l'eau. Ils nous donnèrent un récipient avec de l'eau et nous avons pu boire.
« Je ne connais pas les nouvelles règles de chasse car personne ne me les a jamais expliquées. Chasser est pour nous très important car nos ancêtres nous ont nourri de viande. Ils n'avaient pas d'argent et ne pouvaient acheter de la nourriture. Notre seule nourriture était la viande.
Les permis de chasse spéciaux ont été faits sans nous consulter. Nous pensions que le gouvernement faisait ce qui était juste car il nous indiquait ce que nous pouvions tuer et en quelle quantité. A présent les choses marchent à l'envers parce que les permis sont de véritables pièges. Nous pensions que ces permis étaient une bonne chose mais à présent nous nous rendons compte que nous sommes piégés et il nous est difficile de nourrir nos enfants.
Je ne peux pas leur donner de la viande à vendre pour avoir de l'argent. Nous ne pouvons pas nous procurer de la viande en dehors de la réserve.
« Je pense qu'il est important que Survival raconte tout cela car le gouvernement nous a réellement maltraités. Si ce qui nous arrive est connu à l'extérieur ce sera la honte pour le gouvernement. Ils auront honte et nous permettront de respirer pendant quelque temps. Cette terre appartient à nos arrières arrières grand-parents. La chasse et la cueillette sont très importants pour nous. Nous cultivons des melons, du maïs, du sorgho sur cette terre et nous chassons des animaux comme les antilopes. Cette terre a été très importante pour nous. »
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« Lorsque les gardes forestiers arrivèrent, ils me demandèrent mon permis. Je le sortis et le tendis à l'un d'eux. Il entra dans ma case et la fouilla, puis il me demanda d'entrer à mon tour. Je lui demandai pourquoi et essayai de résister. Deux hommes me traînèrent à l'intérieur. Ils firent cela car ils avaient trouvé trois paquets de viande d'antilope séchée et 6 chasse-mouches que je m'étais procuré auprès de chasseurs d'antilope. J'ai essayé de leur dire que je les avais achetés pour m'en servir.
« Ensuite ils m'ont demandé d'ouvrir une autre case. Je leur ai dit : Cela n'a rien à voir avec moi. Pourquoi devrais-je ouvrir cette case ?' Soudain l'un d'eux me cogna et me fit tomber et quatre autres me prirent par les bras et les pieds et me jetèrent dans la seconde case. Dans cette case j'avais des barils remplis de haricots de la dernière récolte. Je me suis évanoui et pendant que j'étais à terre ils renversèrent les barils pour chercher de la viande. Ensuite ils me traînèrent dans la troisième case. Trois hommes me portaient pendant que le quatrième me donnait des coups de pied en allant vers la troisième case. Ils me jetèrent dedans et comme ils ne trouvèrent rien ils me traînèrent dans la quatrième. J'étais à moitié évanoui ne sachant ce qui se passait.
« N'ayant pas réussi à trouver de la viande dans la quatrième case, ils me conduisirent vers un véhicule, prirent les bandes de leurs épaulettes pour m'attacher les mains derrière le dos et me jetèrent dans la Land Rover. Pendant que j'étais étendu sur le plancher, l'un d'entre eux sauta sur mon dos avec ses bottes. Ma fille pleurait et pleurait pensant que l'on était en train de me tuer. Elle avait un bébé de 10 mois et les gardes les jetèrent tous deux au sol. La jambe de mon pantalon était déchirée, je n'avais rien pour couvrir ma nudité, pas de sous-vêtements, et j'avais honte devant mes enfants.
« Ma femme aussi pleurait car elle me voyait dénudé devant mes enfants. On la poussa et la traîna par les pieds de telle sorte qu'elle fut dénudée elle aussi. L'un des gardes monta dans le véhicule prit un fusil et le pointa sur moi. Ma mère pleurait et ils la poussèrent, la giflèrent et lorsqu'elle se releva ils la firent tomber de nouveau. Mon oncle courut chercher un fusil car il craignait que les gardes ne tirent dessus et il leur a demandé s'ils avaient trouvé un lion à abattre avec leur fusil, alors ils traînèrent aussi mon oncle dans la Land Rover
« Mon plus jeune frère et son amie avaient honte de me voir ainsi nu et coururent dans la case pour me chercher un autre pantalon. Les gardes nous amenèrent dans un lieu près de Molapo où nous avons campé durant 6 jours. Ils nous firent ramasser du bois et nettoyer la place où nous allions dormir. Ils nous demandèrent de nous aligner nus devant les Land Rover.
Nous restâmes attachés tête-bêche et par les mains aux pare-chocs des voitures jusqu'à 10 heures du soir.
« Les deux premiers jours, nous avons dormi attachés aux pare-chocs. Le troisième jour, nous avons été libérés et avons dormi dans une tente. Je me sentais très mal et je cherchais quelqu'un qui puisse m'aider. Je pensais que j'arrivais à la fin de ma vie. Qui s'occuperait de mes enfants ? Ce que les employés du gouvernement faisaient indiquait clairement qu'ils voulaient me tuer. J'étais très malade ce jour-là, mes bras étaient enflés et tout mon corps était endolori. Je ne pouvais plus manger. Ils nous donnèrent de la viande mais j'avais si mal à la gorge que je n'arrivais à avaler que de l'eau. Ils nous donnèrent un récipient avec de l'eau et nous avons pu boire.
« Je ne connais pas les nouvelles règles de chasse car personne ne me les a jamais expliquées. Chasser est pour nous très important car nos ancêtres nous ont nourri de viande. Ils n'avaient pas d'argent et ne pouvaient acheter de la nourriture. Notre seule nourriture était la viande.
Les permis de chasse spéciaux ont été faits sans nous consulter. Nous pensions que le gouvernement faisait ce qui était juste car il nous indiquait ce que nous pouvions tuer et en quelle quantité. A présent les choses marchent à l'envers parce que les permis sont de véritables pièges. Nous pensions que ces permis étaient une bonne chose mais à présent nous nous rendons compte que nous sommes piégés et il nous est difficile de nourrir nos enfants.
Je ne peux pas leur donner de la viande à vendre pour avoir de l'argent. Nous ne pouvons pas nous procurer de la viande en dehors de la réserve.
« Je pense qu'il est important que Survival raconte tout cela car le gouvernement nous a réellement maltraités. Si ce qui nous arrive est connu à l'extérieur ce sera la honte pour le gouvernement. Ils auront honte et nous permettront de respirer pendant quelque temps. Cette terre appartient à nos arrières arrières grand-parents. La chasse et la cueillette sont très importants pour nous. Nous cultivons des melons, du maïs, du sorgho sur cette terre et nous chassons des animaux comme les antilopes. Cette terre a été très importante pour nous. »
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