Etre Dongria Kondh, c’est vivre dans les collines de Niyamgiri dans l’Etat d’Orissa, en Inde – c’est la terre ancestrale de cette tribu. Toutefois, une compagnie minière, Vedanta Resources, est déterminée à exploiter les riches gisements de bauxite (minerai d’aluminium) qui se trouvent dans leur montagne sacrée.
Les Dongria et les autres peuples kondh de la région s’opposent fermement à Vedanta et sont résolus à empêcher Niyamgiri de devenir une décharge industrielle.
D’autres groupes kondh subissent les effets destructeurs de la présence de la raffinerie construite par Vedanta et fonctionnant au pied des collines de Niyamgiri.
Les collines du Niyamgiri sont le territoire de plus de 8 000 Dongria Kondh, dont le mode et vie et la religion ont contribué à préserver les denses forêts de la région ainsi qu’une faune et une flore exceptionnellement riches.
Les Dongria exploitent les versants de la colline, cultivent des jardins ouverts dans la forêt et cueillent des fruits sauvages, des fleurs et des feuillages pour les revendre.
Leur autodénomination ‘Jharnia’, qui signifie ‘protecteur des cours d’eau’, provient du fait qu’ils ont toujours su préserver leur montagne sacrée et les abondantes rivières qui s’y écoulent dans l’épaisse forêt.
La mine à ciel ouvert de Vedanta détruirait les forêts, bouleverserait le cours des rivières et entraînerait la disparition des Dongria Kondh en tant que peuple distinct.
L'exploitation de la montagne sacrée
Au cœur du conflit se trouve la montagne sacrée des Dongria Kondh, ‘la montagne de la loi’. Les Dongria vénèrent son sommet qu’ils considèrent comme le domaine de leur dieu et protègent les forêts qui s’y trouvent.
Vedanta Resources veut exploiter la bauxite que renferme son sommet.
‘Not even this handful of soil’The Dongria Kondh explain why they vehemently oppose the building of a mine on their land and what they must do to resist it.
Les Dongria Kondh y perdraient tous leurs moyens de subsistance, leur identité même et leur site le plus sacré.
Comme d’autres peuples indigènes qui ont été déplacés ailleurs dans le monde, leur santé en serait affectée, ils perdraient leur autosuffisance et leurs connaissances expertes des collines, des forêts et des systèmes agricoles qu’ils ont sauvegardés jusqu’à présent.
La souffrance
D’autres groupes kondh subissent les effets destructeurs de la présence d’une raffinerie construite par Vedanta et fonctionnant au pied des collines de Niyamgiri.
Les villageois qui ont été déplacés à cause de la raffinerie ont subi menaces et intimidations. Ils ont à la fois perdu leur territoire et leurs moyens de subsistance.
Ils souffrent également de graves problèmes de santé dus à la pollution de la raffinerie qu’ils accusent d’être responsable d’affections de la peau, de maladies du bétail et de la destruction de leurs récoltes.
L’office du contrôle de pollution du gouvernement d’Orissa a estimé que les émissions chimiques de la raffinerie étaient ‘alarmantes’ et ‘continuelles’.
Rejet des compensations
La Cour suprême indienne ayant récemment approuvé le projet, l’exploitation devrait commencer d’ici quelques mois.
Les Dongria restent mobilisés pour empêcher Vedanta de transformer leur montagne sacrée en une décharge industrielle.
L’une des conditions exigées par la Cour est l’imputation d’une partie des bénéfices de la mine à des projets de ‘développement tribal’.
Mais aucun programme de développement ou offre de compensation ne pourra résoudre les problèmes que suscitera l’exploitation minière de Niyamgiri : la destruction d’un environnement et d’une culture uniques.
Les Dongria ont accusé Vedanta de vouloir les ‘chasser avec de l’argent’ et ont clairement fait savoir que :
‘L’exploitation minière ne profite qu’aux riches. Nous deviendrons des mendiants si la compagnie détruit notre montagne et notre forêt pour en tirer des bénéfices. Nous ne voulons ni de cette mine, ni d’aucune aide de la compagnie’.
Vedanta a été fondée par le milliardaire indien Anil Agarwal, actionnaire majoritaire de la compagnie.
La raffinerie
Vedanta a construit la raffinerie de bauxite au pied de la montagne des Dongria avant même d’obtenir le permis d’exploitation de la mine, mais elle a besoin de la bauxite de Niyamgiri pour assurer la rentabilité de la raffinerie.
La raffinerie a entraîné la destruction de champs cultivés et des forêts. Plus de cent familles ont perdu leurs maisons, y compris des familles de la tribu majhi kondh qui vénèrent aussi Niyamgiri et qui sont tout aussi déterminées que les Dongria à protéger la montagne.
Poussières et maladies
Une boue rouge, très toxique, est le principal déchet rejeté par la raffinerie. En s’asséchant au soleil elle devient une fine poussière dont les villageois rapportent qu’elle est absorbée par leur cultures qui en sont asphyxiées.
Les inspecteurs du gouvernement chargés de la pollution ont détecté une ‘contamination des nappes phréatiques’ causée par l’infiltration ‘alarmante’ et ‘continuelle’ de boues rouges.
Des habitants locaux rapportent également que des plaies sont apparues sur leur corps après s’être lavés dans des rivières proches de la raffinerie. Leur bétail est mort après avoir bu de cette même eau.
Perte des territoires et des moyens de subsistance
Le village de Kinari a été complètement détruit pour laisser place à la raffinerie. Plus de cent familles ont été déplacées vers un hameau connu localement comme ‘la colonie de relocalisation’.
Il s’agit de maisons bétonnées de deux pièces entourées d’une enceinte de barbelés. Les résidents n’y ont pas de terre cultivable et bien que certains travaillent comme ouvriers pour Vedanta, la plupart survivent grâce aux subsides gouvernementaux.
Une femme kondh de la colonie a déclaré à un représentant de Survival : ‘Tout ce que je peux faire de mes journées, c’est m’asseoir sur ce béton. Nous sommes là assis à attendre et à recevoir du riz. Est-ce une vie ?’
En octobre 2008, Dino Majhi a été retrouvé pendu dans sa maison de la colonie, la gorge tranchée. Il était bien connu localement pour son action militante contre Vedanta. La police locale a arrêté un suspect et a finalement déclaré que la mort de Dino relevait d’un conflit privé. Mais nombreux sont ceux qui considèrent que le mobile du crime était d’ordre politique.
Routes et résistance
Vedanta tente de construire des routes depuis la raffinerie jusqu’au sommet de la montagne des Dongria. Leurs tracés passeront à travers les forêts des collines et elles ouvriront la voie des parties les plus reculées de Niyamgiri aux bûcherons illégaux. Pourtant, les experts environnementaux de la Cour suprême indienne ont été clairs sur ce point : ‘L’exploitation de la forêt dans… les collines du Niyamgiri ne devrait pas être permise’.
Nyamgiri est sacrée, non seulement pour les Dongria, mais également pour tous les Kondh qui vivent dans cette région. Beaucoup d’entre eux ont déjà perdu leur territoire et leur moyens de subsistance à cause de la raffinerie de Vedanta. Ils sont déterminés à ne pas non plus perdre leur montagne. Les communautés kondh de la région s’unissent pour bloquer les routes et organiser des manifestations. Leur combat continue.