Les Guarani font partie de la grande famille linguistique Tupi en Amérique du Sud. Ils sont constitués de groupes différents, même à l’intérieur des pays où ils vivent.
Les Guarani sont parmi les premiers peuples contactés par les Européens à leur arrivée en Amérique du Sud il y a plus de 500 ans. Ils sont environ 40 000 au Paraguay (où leur langue est langue officielle avec l'espagnol), 30 000 au Brésil ce qui fait d'eux la plus nombreuse population indigène du pays; d'autres Guarani vivent dans les terres voisines d'Argentine et de Bolivie.
Comment vivent-ils ? Les Guarani sont profondément spiritualistes. Malgré leur division en différents sous-groupes, tous partagent une religion qui place la terre au-dessus de tout. Elle est l'origne de toute vie et le don de 'Namandu, dieu générateur des choses en leur totalité' (Pierre Clastres, Le Grand parler, étude de la mythologie guarani), à distinguer du 'Père-Grand', Nanderu, dirigeant spirituel et prophète mythique (Ibid.). Chaque communauté a une maison de prières et un leader religieux, le karai, dont l'autorité est plus fondée sur le prestige que sur le pouvoir formel. Les Guarani croient que 'la Terre sans mal' est le lieu où reposeront les âmes après la mort; pendant des siècles leur religion "millénariste" leur a fait entreprendre de grandes migrations, de l'est à l'ouest et au nord du Brésil, à la recherche de cette Terre où seront bannis tous les maux de la vie.
A quels problèmes sont-ils confrontés ? Les Guarani du Brésil ont terriblement souffert du vol de presque toutes leurs terres; ils considèrent que cela constitue une offense contre leur religion aussi bien qu'une destruction de leur mode de vie et de leurs moyens d‘existence. Des milliers d'entre eux sont maintenant entassés sur de très petites parcelles, de plus en plus cernées par les fermes d'élevage et les plantations. La terre dont ils disposent n'est pas suffisante pour qu'ils puissent subsister de leurs activités traditionnelles : la chasse, la pêche et l'horticulture. Ce qui cause leur exploitation, par les fermiers et les propriétaires, comme main-d'œuvre bon marché. Les Guarani-Kaiowà du Brésil ont été particulièrement affectés par cette situation qui les a conduits à de graves dépressions. Trois cent vingt d'entre eux se sont suicidés entre 1986 et le début de l'an 2000, le plus jeune n'étant âgé que de neuf ans.
La campagne de Survival Survival mène campagne pour la reconnaissance de leurs droits territoriaux et pour que la terre accaparée par les fermiers et d'autres soit restituée aux communautés guarani. Quoique le Brésil ne reconnaisse pas aux Indiens la propriété de la terre (malgré le statut que donne aux territoires indigènes le droit international) la Constitution du pays oblige le gouvernement à cartographier, cadastrer et protéger les terres indiennes. Survival appelle le gouvernement brésilien à cadaster d'urgence les terres guarani.
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