Un barrage hydroélectrique géant menace les peuples de la vallée inférieure de l’Omo
Les peuples de la vallée de l’Omo vivent sur ces terres depuis des siècles et ont développé des techniques sophistiquées de survie dans un environnement hostile.
Ils n’ont jamais été consultés à propos du barrage et sont sur le point de perdre leur mode de vie fondé sur le cycle de crue naturelle de la rivière.
La vallée inférieure de l’Omo est une région d’une beauté majestueuse offrant des écosystèmes d’une extrême variété dont des prairies, des affleurements volcaniques et l’une des rares forêts ‘vierges’ de l’Afrique semi-aride abritant une importante diversité faunistique.
Les Bodi (Me’en), les Daasanach, les Kara (ou Karo), les Kwegu (ou Muguji), les Mursi et les Nyangatom vivent le long de l’Omo et en dépendent étroitement. Ils ont développé au cours des siècles des pratiques socio-économiques et écologiques complexes adaptées aux conditions climatiques difficiles et imprévisibles de cette région semi-aride.
La crue annuelle de l’Omo alimente la riche biodiversité de la région et garantit une sécurité alimentaire à ces peuples lorsque les précipitations sont rares.

Ils en dépendent donc pour pratiquer une ‘agriculture de décrue’, en utilisant le limon déposé sur les berges du fleuve par le lent retrait des eaux.
Ils pratiquent également l’agriculture pluviale et itinérante, produisant du sorgho, du maïs et des haricots dans les plaines inondées. Certains peuples comme les Kwegu, chassent le gibier et pratiquent la pêche.
Le bétail, les oies et les moutons jouent un rôle essentiel dans le mode de vie de la plupart de ces peuples qui en tirent du sang, du lait, de la viande et du cuir. Ils accordent une très haute valeur au bétail qui est utilisé comme moyen de paiement pour la dot de la mariée.
Les animaux domestiques représentent un important moyen de défense contre la famine due à la sécheresse. A certaines époques de l’année, les familles se rendent dans des campements provisoires pour procurer de nouveaux pâturages au bétail et se nourrissent du lait et du sang de leurs animaux. Les Bodi chantent des poèmes pour faire prospérer leur bétail.
D’autres peuples, comme les Hamar, les Chai ou les Turkana, vivent plus loin de la rivière, mais un réseau d’alliances interethniques s’est créé pour qu’ils aient également accès aux plaines inondées, en particulier en période de famine.
Malgré cette coopération, des conflits éclatent périodiquement pour l’accès aux ressources naturelles. Le gouvernement s’étant accaparé de plus en plus de terres indigènes, la compétition pour les rares ressources s’est intensifiée. L’introduction d’armes à feu a rendu les conflits interethniques beaucoup plus dangereux.
Ecrivez une lettre au Premier ministre d’Ethiopie l’exhortant à reconsidérer le projet.