Ce sont des peuples membres de sociétés non industrielles, non
marchandes ou partiellement marchandes, marginalisées par rapport au
pouvoir central ou national du pays où elles sont situées, organisées
selon des réseaux de parenté et d'alliance, des hiérarchies politiques
sui generis et des systèmes économiques basés sur le don,
l'échange matériel ou symbolique et la réciprocité. Ils sont souvent
les habitants originels de leurs territoires ou les occupent depuis des
centaines, voire des milliers d'années. Ils sont chasseurs, pêcheurs,
cueilleurs, cultivateurs (sur brûlis dans les forêts tropicales) ou
éleveurs de bétail. Ils ont en général un très fort attachement
culturel, émotionnel et spirituel à leur terre dont les produits leur
donnent tout ce qui est nécessaire à leur vie matérielle et sociale.
Ils sont souvent minoritaires, moins nombreux donc dans leur pays que
ceux qui constituent les groupes dirigeants ou qui ont des modes de vie
économiques et socio-culturels conformes au modèle dominant. Leurs
sociétés sont en effet différentes, divergentes par rapport à ce
modèle, ils parlent souvent des langues non apparentées aux langues
officielles, ils maintiennent des traditions ancestrales et se pensent
eux-mêmes comme différents de la majorité ou de leurs voisins.
Certains observateurs les qualifient de 'tribaux', terme récusé par les
ethnologues et les chercheurs car il renvoie à une forme particulière
d'organisation politique, loin d'être partagée par toutes les sociétés
dont les droits territoriaux et socio-culturels sont bafoués; ce terme
introduit la confusion et entretient des idées fausses sur la nature et
la structure de ces sociétés. De fait, dans certaines régions du monde,
notamment celles qui ont subi la colonisation, en Afrique ou en Inde
par exemple, les populations locales revendiquent toutes, à juste
titre, la qualité d'indigènes par opposition aux colonisateurs
d'origine européenne qui ont accaparé leurs terres et les ont longtemps
dominés politiquement et économiquement. Il est évident qu'alors une
distinction doit être faite, dans ces pays, entre les citoyens à part
entière et ceux qui, en raison de leur différence, sont discriminés par
l'État national et qui sont ceux que défend Survival, les 'colonisés'
en quelque sorte des anciens colonisés.
Les peuples indigènes vivent actuellement dans 60 pays et représentent
plus de 150 millions de personnes, ce qui équivaut à plus de la moitié
de la population des Etats-Unis.
La perte de leurs terres qui, justement, caractérise leur situation.
Bien que les droits de propriété sur les territoires indigènes soient
reconnus par le droit international, ils ne sont véritablement
respectés nulle part dans le monde. Compagnies industrielles
(pétrolières, minières, d'exploitation du bois), commerciales, colons,
éleveurs, projets de 'développement' (construction de réseaux routiers,
de barrages hydro-électriques), établissement de réserves de vie
sauvage ou de giber, envahissent leurs territoires et les expulsent
avec l'assentiment des gouvernants et pour le profit d'intérêts privés.
Les maladies, souvent fatales, suivent généralement ces invasions. La
perte de leurs terres leur ôte leurs moyens d'existence,
particulièrement leurs capacités d'auto-subsistance et affaiblit leur
résistance physique. Dans des cas extrêmes, les indigènes sont tués ou
emprisonnés pour 'vider' leurs terres; ces invasions et attaques
criminelles se déroulant sur fond de racisme, qui considère ces peuples
comme 'primitifs' ou 'arriérés', et en raison d'une recherche effrénée
de profits.
Survival estime à environ 70 les peuples indigènes isolés ou non encore
contactés. La grande majorité d'entre eux, probablement plus de 50,
vivent en Amazonie brésilienne. Dans de nombreux cas, il s'agit de
peuples qui ont fui dans le passé des contacts délétères, se sont
réfugiés dans des lieux isolés et ont rompu les relations qu'ils
pouvaient avoir même avec des voisins indigènes. Leur mode de vie a
alors dû changer, ils ont opté pour le nomadisme et souvent abandonné
les activités agricoles.
Survival International est une organisation mondiale de soutien aux
peuples indigènes. Elle défend leur volonté de décider de leur propre
avenir et les aide à garantir leur vie, leurs terres et leurs droits
fondamentaux.
Survival a été fondée en 1969, en réponse à la dénonciation d'atrocités commises contre les Indiens du Brésil.
Fondé à Londres, le siège central de Survival s'y trouve toujours;
l'organisation a aussi des bureaux à Paris, Milan, Madrid et Berlin.
Survival est la seule grande organisation dans ce domaine à ne pas
accepter de fonds gouvernementaux. Ses sympathisants financent toutes
ses activités et lui donnent une voix puissante et indépendante.
Signer une pétition, prendre part aux campagnes d'envoi de lettres,
être bénévole pour Survival, faire connaître l'organisation et ses buts
autour de soi. Consultez notre section :
nous aider pour plus de
détails.
Survival agit en lançant des campagnes internationales de mobilisation
et d'information de l'opinion publique, en soutenant les organisations
indigènes. Ses campagnes attirent l'attention sur les gouvernements et
les compagnies qui violent les droits des peuples indigènes. Ses
sympathisants écrivent des lettres aux dirigeants et aux responsables
des violations et l'organisation s'assure que les cas sont connus et
diffusés par la presse du monde entier. Elle pense que l'opinion
publique, à longue échéance, est la force du changement la plus
efficace, c'est à elle qu'elle démontre, par l'information qu'elle
diffuse, que les peuples indigènes ne sont pas 'primitifs' ou
'arriérés' mais différents, qu'ils ont le droit de vivre cette
différence et de choisir les voies de leur propre évolution dans le
monde actuel.
Oui, au fil des années les campagnes de Survival ont persuadé des
gouvernements de reconnaître la propriété indigène sur des terres (par
exemple celles des Nukak en Colombie), forcé des compagnies à
abandonner des projets dévastateurs (par exemple ceux des exploitants
de bois chez les Udege, en Sibérie) et contribué à une meilleure
connaissance des situations et des droits indigènes dans le monde. Mais
il y a encore beaucoup à faire !
Avec plusieurs millions de personnes appartenant à des peuples
indigènes dans le monde qui, presque tous, sont confrontés à de graves
situations, Survival se trouve devant un travail potentiellement
infini. Le choix des cas qui sont adoptés se base sur la capacité de
l'organisation à réaliser un travail effectif, ce qui dépend de
nombreux critères tels que : la véracité et le suivi de ses
informations, la gravité de la situation considérée, l'appréciation de
l'impact qu'aura son mode d'action à travers une campagne et la
prévision du retentissement d'un succès sur les autres campagnes en
cours; le fait aussi que d'autres organisations sont saisies du même
cas et qu'il s'agit bien de demandes et de revendications des
intéressés eux-mêmes, etc.
Survival ne gère aucun projet outremer, elle en finance certains avec
les peuples indigènes mais ce sont eux-mêmes qui les gèrent. Survival
fonde ses activités sur le contact direct avec les populations avec
lesquelles elle travaille. Pratiquement cela veut dire que ses propres
équipes mènent des recherches extensives sur le terrain. Elle y
entretient aussi un vaste réseau informel constitué d'organisations
locales indigènes et non indigènes, de façon permanente, avec qui elle
est en contact permanent. L'organisation n'envoie pas de volontaires
sur le terrain et ne sponsorise aucun visiteur autre que les membres de
ses équipes. Mais elle se tient toujours à l'écoute de toute
information sérieuse et accueille volontiers ceux dont l'expérience et
les intérêts s'accordent avec son travail et ceux qui lui proposent des
documents audiovisuels de qualité professionnelle.
L'organisation n'a pas de plan de recrutement de bénévoles, mais en
emploie de nombreux dans ses bureaux nationaux. Si vous souhaitez être
bénévole à Paris,
contactez-nous. Si vous souhaitez être bénévole
à Londres, à Madrid ou Milan,
contactez ces bureaux directement.
Survival est ouverte à toutes propositions émanant de personnes
enthousiastes et concernées par la cause que nous défendons.
Cependant
il faut savoir que les postes vacants ne sont pas fréquents. Mais nous
accueillerons vos offres à tout moment et nous ferons appel à vous en
cas de vacance de poste.
Si vous souhaitez postuler à un emploi à
Paris,
contactez-nous. Si vous souhaitez postuler à
Londres, à Madrid ou
Milan,
contactez ces bureaux directement.
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Vous pouvez également vous rendre sur le site du Nouvel Observateur et lire les réponses du forum consacré à Survival et aux peuples indigènes le 9 août 2006 en cliquant
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