Le « massacre d'éléphants » du Botswana : preuves d'une histoire mensongère

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Une enquête menée par les autorités botswanaises a conclu que le rapport sur le « massacre par braconnage » de 87 éléphants, qui avait été largement diffusé par les médias, était en réalité fallacieux.

Des vérifications sur le terrain ont montré que :

- certains des éléphants censés avoir été tués pour leur ivoire avaient toujours leurs défenses ;

- seules 19 carcasses d’éléphants, dont seulement 6 reconnues comme ayant été victimes de braconnage, ont été retrouvées dans le parc national de Chobe, supposé être le coeur du « massacre » ;

- certains des animaux signalés sont en réalité morts depuis déjà plusieurs mois ;

- le nombre d’éléphants morts cette année est similaire à celui des années précédentes, et la plupart d’entre eux sont morts de cause naturelle.

Churchill Colyer, directeur adjoint du département de la faune du Botswana, a déclaré : « C’est juste la norme, comme chaque année, nous n’avons pas enregistré de mise à mort massive. »

C’est Survival International qui avait en premier douté de cette histoire il y a deux semaines.

Stephen Corry, le directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « Nous avons maintenant la preuve que “le massacre d’éléphants” n’a pas eu lieu. Il a été inventé et encouragé par ceux en faveur d’une plus forte militarisation de la protection de la nature. Il s’agit de la même approche inefficace qui aliène des centaines de milliers de personnes locales et autochtones à travers le monde – précisément les personnes qui devraient être aux commandes de la protection de la nature. 

« Cette représentation mensongère a clairement été encouragée pour coïncider avec la préparation de la Conférence sur le commerce illégal des espèces sauvages qui se tiendra à Londres dans un mois : du protectionnisme colonial dans toute sa splendeur, qui, s’il n’est pas contesté, risque de détruire la protection de la nature elle-même. »