Les Bushmen privés d’eau dans l’une des régions les plus arides du monde

Les Bushmen dépendent des ânes pour transporter leau dans la réserve.
Les Bushmen dépendent des ânes pour transporter leau dans la réserve.

© Survival International

Les autorités botswanaises empêchent les Bushmen du Kalahari d’approvisionner leurs familles en eau dans l’une des régions les plus arides du monde.

Cette attitude du gouvernement n’est que la suite d’une longue campagne visant à forcer les Bushmen à quitter leur terre ancestrale pour les installer dans des camps de relocalisation.

Des gardes forestiers ont interdit à des Bushmen d’apporter de l’eau à leurs familles dans la Réserve du Kalahari central, sous prétexte qu’ils n’étaient plus autorisés à utiliser des ânes pour transporter l’eau.

Ne possédant pas de véhicules motorisés, les Bushmen qui veulent soutenir leurs proches qui vivent dans la réserve ne disposent que des ânes pour transporter l’eau. En dépit du verdict de la Haute Cour confirmant leur droit de vivre sur leurs terres ancestrales de la réserve, le gouvernement botswanais a interdit aux habitants l’accès à un puits sur leurs terres. Durant la saison sèche, les Bushmen sont totalement dépendants de l’eau puisée à l’extérieur de la réserve, impossible à transporter sans l’aide des ânes.

Le mois dernier, les Bushmen ont intenté un nouveau procès pour obtenir l’accès à leur puits. Ils attendent toujours la décision du juge, qui devrait être rendue le 21 juillet.

Cette nouvelle politique enfreint l’article 25(1) de la Réglementation des Parcs nationaux et des Réserves de gibier qui stipule que quiconque peut entrer dans la réserve ‘à cheval, à dos de chameau, d’âne ou de tout autre animal approuvé par le directeur’. C’est vraisemblablement sur ce principe que le Département de la faune sauvage et des parcs nationaux a affirmé que ‘l’utilisation d’animaux pour les safaris (chameaux, chevaux, etc.) doit être autorisée et encouragée’ dans ‘les zones à faible densité touristique’ dont des parties de la Réserve du Kalahari. Ce qui n’est pas permis pour un Bushman est apparemment parfaitement acceptable pour un touriste. L’un paie, l’autre non.

Le gouvernement a également autorisé l’ouverture d’un lodge de luxe pour des safaris, avec piscine et bar et a foré de nouveaux puits uniquement destinés à la faune sauvage. Il est également sur le point d’attribuer une licence d’exploitation diamantifère sur le territoire bushman qui nécessitera le forage de nouveaux puits, à condition de ne pas fournir d’eau aux Bushmen.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Lorsque les touristes responsables se rendront compte de ce qui se passe, ils ne voudront plus se rendre dans des régions où les droits des peuples indigènes sont délibérément bafoués. Le Botswana prétend vouloir attirer encore plus de touristes, mais son attitude ne peut que les en éloigner. L’oppression acharnée du pays à l’égard de ses premiers citoyens ne fait que continuer à ternir sa réputation’.