Des milliers de personnes rejoignent le boycott du tourisme dans les îles Andaman

29 Mai 2013

Survival International a lancé un boycott contre le tourisme dans les îles Andaman tant que les safaris humains chez les Jarawa ne seront pas interdits. © Ariberto De Blasoni/Survival

Cette page a été créée en 2013 et pourrait contenir des termes à présent obsolètes.

Quelques semaines après le lancement par Survival du boycott du tourisme dans les îles Andaman visant à mettre fin aux safaris humains chez les Jarawa, la campagne a gagné de nouveaux sympathisants : plusieurs agences de voyage ont rejoint le boycott et des milliers de personnes se sont engagées à ne pas se rendre dans les îles.

Suite à une couverture médiatique internationale, avec des articles notamment parus dans The Hindu, en Inde, The Telegraph, au Royaume uni, International Business Times et Take Part, aux Etats-Unis, plus de deux mille personnes se sont engagées à ne pas se rendre dans les îles Andaman tant que les safaris humains continueront.

Travelpickr, une compagnie internationale basée au Canada et en Inde, et la compagnie espagnole Orixà Viatges sont les premiers tour-opérateurs à retirer leurs offres de circuits dans les îles Andaman. Survival fait pression pour que d’autres compagnies rejoignent le boycott.

René Trescases, directeur de Travelpickr, a déclaré à Survival : ‘A Travelpickr, nous avons été horrifiés d’apprendre l’existence de ces safaris humains chez les Jarawa et avons décidé de retirer de notre catalogue plus de quarante circuits dans les îles Andaman. Nous espérons que l’administration locale prendra rapidement des mesures pour faire cesser cette pratique scandaleuse, sinon elle risque de nuire à la réputation de l’archipel en tant que destination touristique privilégiée’.

Un représentant de l’agence de voyage espagnole Orixà Viatges a déclaré : ‘Nous avons supprimé les îles Andaman de notre liste de destinations touristiques. A Orixà Viatges, nous ne comprenons pas ce genre de tourisme – nous pensons que les peuples et les cultures doivent être traités avec respect et ne pas être exploités par des gens sans scrupule qui tirent profit des safaris humains’.

Le mode de vie des Jarawa est bouleversé par les centaines de touristes qui traversent quotidiennement leur terre. © Survival

Des centaines de touristes, provenant en majorité d’Inde, d’Israël, des Etats-Unis et du Royaume-Uni, empruntent quotidiennement la route qui traverse la réserve des Jarawa. Beaucoup espèrent pouvoir observer quelques-uns des 400 membres de la tribu, les traitant comme des animaux de zoo.

Les safaris humains ont été condamnés par les Nations-Unies et par le ministre indien des Affaires tribales qui les a qualifiés de pratiques ‘scandaleuses’ et ‘honteuses’. De plus, des milliers de sympathisants ont écrit au gouvernement indien pour l’exhorter à faire cesser ces pratiques dégradantes.

Malgré une décision de la Cour suprême indienne de janvier 2013 qui avait temporairement imposé la fermeture de la route, l’administration andamane a tout tenté pour maintenir la route ouverte aux touristes – elle a même été jusqu’à modifier sa propre législation relative à une zone tampon pour permettre la poursuite des safaris humains.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Aux yeux des touristes, les îles Andaman s’assimilent de plus en plus aux safaris humains. La réputation de l’archipel a incontestablement été ternie par ce scandale. Pourquoi le gouvernement local est-il si réticent à ouvrir une voie maritime alternative pour les habitants locaux et les touristes, sachant qu’il est beaucoup plus rapide et moins onéreux de voyager en bateau’.

Survival continue d’appeler au boycott total du tourisme dans les îles Andaman tant que les touristes pourront encore emprunter la route qui traverse la réserve des Jarawa.

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