L'aveuglement de l'USAID sur les violations des droits de l'homme en Ethiopie dénoncé par le Congrès américain

Le Congrès américain a pris des mesures afin dempêcher que laide humanitaire apportée à lEthiopie ne soit utilisée pour financer lexpulsion des tribus mursi, bodi et kwegu de leurs terres ancestrales dans la vallée inférieure de lOmo.

Le Congrès américain a pris des mesures afin dempêcher que laide humanitaire apportée à lEthiopie ne soit utilisée pour financer lexpulsion des tribus mursi, bodi et kwegu de leurs terres ancestrales dans la vallée inférieure de lOmo.

© Survival

Le Congrès américain a pris des mesures afin d’empêcher que l’aide humanitaire apportée en Ethiopie ne soit utilisée pour financer l’expulsion forcée de peuples indigènes dans le sud-ouest du pays.

Les dispositions de la loi Omnibus de financement 2014 ont provoqué un choc retentissant à l’USAID qui avait déclaré le mois dernier : ‘Il n’existe aucun rapport sur les violations des droits de l’homme, qu’elles soient généralisées ou systématiques’ dans la région.

En réalité, les tribus de la vallée de l’Omo sont violemment expulsées de leurs villages par le gouvernement pour faire place à de lucratives plantations de coton, palmiers à huile et canne à sucre, dont l’irrigation sera rendue possible par le barrage controversé Gibe III. Transférées dans des camps de relocalisation, les tribus autrefois auto-suffisantes n’auront plus accès à leur bétail ni à leurs terres et, en conséquence, ne seront plus capables de subvenir à leurs besoins. Des actes d’intimidation accompagnés de mauvais traitements et de viols sont fréquemment commis contre ceux qui résistent à la relocalisation.

Un porte-parole mursi a déclaré à Survival International : ‘Nous attendons la mort. Nous nous lamentons. Lorsque le gouvernement sédentarise les gens dans un village, il n’y a plus de place pour leurs jardins et leurs enfants n’ont plus rien à manger’.

Le gouvernement éthiopien n’a consulté aucune communauté indigène sur son programme de plantations dans la vallée de l’Omo et très peu ont été consultées sur la construction du barrage Gibe III.

Cette plantation de canne à sucre, ouverte dans le cadre du programme daccaparement de terres sponsorisé par le gouvernement, occupe à présent le territoire dont dépendent les tribus de la vallée de lOmo depuis des temps immémoriaux.

Cette plantation de canne à sucre, ouverte dans le cadre du programme daccaparement de terres sponsorisé par le gouvernement, occupe à présent le territoire dont dépendent les tribus de la vallée de lOmo depuis des temps immémoriaux.

© Ethiopian Sugar Corporation

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, principale autorité du continent en matière de droits de l’homme, a écrit au gouvernement éthiopien l’exhortant à mettre fin aux relocalisations forcées des tribus de la vallée inférieure de l’Omo. Elle étudie actuellement le rapport de Survival sur les violations des droits de l’homme dans la région.

L’Ethiopie est l’un des plus grands bénéficiaires de l’aide américaine et britannique, à travers l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et le Département britannique pour le développement International (DFID).

Bien que les dispositions de la récente loi de financement forceront l’USAID à réévaluer les fonds accordés à l’Ethiopie, le Congrès aura la responsabilité de garantir le respect de leur mise en application.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Cette loi est un grand pas dans la bonne direction en montrant que le démenti honteux d’USAID aux violations des droits de l’homme commises dans la vallée inférieure de l’Omo n’a tout simplement pas été pris au sérieux. Les contribuables américains ont besoin de s’assurer que leur argent n’est pas utilisé contre les intérêts des peuples indigènes. Heureusement, les dispositions prises dans la loi historique de financement 2014 permettront d’assurer que c’est bien le cas. Il est grand temps maintenant que les parlementaires britanniques emboîtent le pas sur leurs homologues américains et s’assurent que le DFID n’utilise pas l’argent des contribuables britanniques pour financer des violations des droits de l’homme dans la vallée inférieure de l’Omo’.

Notes aux rédactions:
- Voir la loi Omnibus de financement 2014, p. 1295-1296 (en anglais)
- Lire la lettre de l’USAID envoyée à Survival niant les violations des droits de l’homme dans la vallée de l’Omo.
- Survival continue de demander à l’USAID et le DFID de procurer de l’aide à l’Ethiopie à condition qu’elle mette un terme aux politiques de relocalisation et aux violations des droits de l’homme qui les accompagnent.
-Regarder la nouvelle vidéo de Survival qui montre les dégâts que peut provoquer le développement imposé aux peuples indigènes.