Les Indiens dénoncent l’exploitation minière de leurs terres

Au Brésil, des leaders indiens manifestent leur opposition à un projet de loi qui devrait, s’il est ratifié, autoriser l’exploitation minière dans les territoires indigènes.

Davi Kopenawa, leader de l’organisation yanomami Hutukara, joint par téléphone, a déclaré :
"Ce projet de loi est très inquiétant. Il détruira notre territoire. Les mines pollueront nos rivières dont les eaux sont essentielles à notre survie. Je veux faire connaître cette situation, il faut que le monde entier sache que nous sommes à nouveau en lutte.

"Ils nous ont offert de l’argent, mais c’est un pot-de-vin. Le gouvernement brésilien ne nous aidera pas. Une fois de plus, il veut en finir avec mon peuple parce qu’il pense que l’exploitation minière prime avant tout. Mais elle ne nous apportera que maladies, alcool et pollution.

"Vous qui vivez au loin, je vous supplie de propager notre message – une nouvelle lutte est en cours pour notre territoire. Le monde entier connaît les Yanomami et sait que notre territoire est reconnu. Malgré cela, le gouvernement Lula est, une fois de plus, en train de le mettre en danger en encourageant les mineurs à l’envahir et c’est un crime.
"

Début août, un groupe d’Indiens kayapó metyktire dont Raoni, leur leader, ont exprimé leur mécontentement dans une lettre au président Lula :

"Nous n’aimons pas la loi minière que le gouvernement Lula veut édicter. L’exploitation minière détruira les terres indigènes et les Kayapó seront très en colère si les mineurs envahissent leurs terres…

"Nous ne voulons pas que le gouvernement Lula intervienne dans notre mode de vie. Nous avons le droit de vivre sur la terre qui nous appartenait avant que les Blancs n’arrivent. Comment peut-on vivre sur une terre détériorée ?

"L’exploitation minière ne fera qu’enrichir les grandes compagnies et les mineurs, tandis que nous, les Indiens, resterons pauvres. Nous ne voulons pas de l’argent de la mine. Notre richesse est notre forêt et ses rivières limpides, nos jardins, nos fruits, nos plantes médicinales et tout ce qui y existe…

"Si le gouvernement veut absolument des mines, qu’il les exploite ailleurs, sur les terres des éleveurs et des hommes politiques
."